Subir un traumatisme pendant l'enfance nous rendrait plus empathique une fois adulte, selon une étude

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Une étude suggère que les enfants qui subissent un traumatisme grandissent pour devenir des adultes avec plus d'empathie que les autres. L'effet n'est cependant pas universel. Seul un type d'empathie a été fortement affecté.

Crédit : Shlomaster / Pixabay

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L'étude pourrait conduire à d'autres recherches sur la façon dont les gens font face aux traumatismes et ainsi mettre au point des méthodes plus adaptées afin d'aider les victimes à rebondir de manière optimale et efficace. Publiés dans la revue scientifique PLOS One, ces travaux révèlent l’existence d’un lien entre le fait d'endurer un événement traumatique dans l'enfance et un niveau d'empathie plus élevés à l'âge adulte. Les chercheurs impliqués dans l’étude précisent que ces derniers ne s'appliquent pas à toutes les formes d'empathie, mais ils montrent néanmoins comment les épreuves de la vie peuvent être surmontées et même transformées en opportunités de croissance.

Pour découvrir ces nouvelles théories sur le fonctionnement de la psychologie humain, les scientifiques ont procédé à plusieurs expériences. La première a consisté à demander à 387 adultes s'ils avaient vécu un traumatisme dans leur enfance, comme le décès d'un ami proche ou d'un membre de la famille, un divorce dans la famille, des violences ou des abus sexuels. Les sujets ont ensuite été invités à remplir un questionnaire de quotient émotionnel afin de déterminer leur degré d'empathie. Une deuxième expérience a porté sur 442 participants et a utilisé le test IRI pour mesurer les niveaux d'empathie. Ce test, l'Indice de réactivité interpersonnelle (IRI), développé par le psychologue américain Mark Davis, est l'un des plus utilisés en psychologie pour évaluer la tendance spontanée à l'empathie.

Mais si ces deux phases d’observation et de récolte de données ont montré que les sujets qui avaient subi un traumatisme présentaient des traits d'empathie affective, définie comme « la capacité de répondre à l'état mental d'une autre personne par une émotion appropriée », seul le second test a montré qu'ils obtenaient des scores plus élevés que ceux qui n'avaient pas subi de traumatisme en matière d'empathie cognitive, expliquée par les chercheurs comme « la capacité de comprendre les pensées et les sentiments d'une autre personne ». Selon les chercheurs, les différences d’approche entre les deux questionnaires pourraient s’expliquer ce résultat. Ils soumettent également l’hypothèse que l'empathie cognitive ne serait pas utilisée aussi fréquemment que l'empathie affective lors du rétablissement après un événement traumatique.

Crédit : Babyology

Se remettre d’un traumatisme, c’est possible !

L'étude repose sur l'autoévaluation et les récits rétrospectifs de traumatismes de la part de celles et ceux qui les ont vécus. Elle est en grande partie fondée sur le degré d’accord des personnes concernées avec des questions telles que « puis-je comprendre rapidement et intuitivement ce que ressent une autre personne ? ». Mais alors, cela signifie-t-il, comme le dit la célèbre citation que l’on connaît tous, que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ?

En tout cas, une chose est sûre, les personnes qui subissent ces traumatismes dans leur enfance sont plus susceptibles de souffrir d'une série de problèmes mentaux et émotionnels. Ceci étant dit, ces résultats de cette étude suggèrent toutefois qu'il est possible d'aller de l'avant malgré un événement traumatisant ou une perte grave. Le docteur David M. Greenberg, directeur de l’étude, a résumé les conclusions en déclarant : « les lecteurs de cette étude doivent retenir qu'il existe des voies de croissance personnelle, de reconstruction et de résilience après avoir vécu un traumatisme. »

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Source : Big Think
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