Les personnes dotées d'un odorat supérieur possèdent un meilleur sens de l'orientation, affirme une étude

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Vous l’ignorez sans doute mais l’odorat très important non seulement pour le goût mais aussi pour la mémoire. Il s'avère qu'un sens de l'odorat aigu est également bon pour autre chose : votre sens de l'orientation.

Crédit : Wojciech Kozielczyk / iStock

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Une étude menée par l'université McGill de Montréal et publiée récemment dans la prestigieuse revue scientifique Nature affirme en effet que l'odorat et le sens de l'orientation sont liés. On pensait qu'ils l'étaient auparavant, notamment avec l’hypothèse spatiale olfactive, dont les scientifiques parlent depuis au moins 1971 mais aucune étude concluante n'avait pu le démontrer jusqu'à présent.

Lors de l’étude, les chercheurs ont demandé aux 57 participants volontaires de naviguer dans une ville virtuelle. Ils ont eu 20 minutes pour se familiariser avec cette dernière afin d’établir une carte cognitive dans leur tête, puis ont été interrogés sur la façon de se rendre d'un point de repère virtuel à un autre. Dans une autre partie du test, les mêmes personnes engagées dans l’expérience ont été invitées à sentir 40 marqueurs parfumés non étiquetés et à deviner de quelle odeur il s'agissait. Et il s'est avéré que ceux qui avaient le meilleur sens de l'odorat étaient aussi les meilleurs en orientation.

Les deux expériences, bien qu'apparemment sans rapport, déclenchent en fait des zones du cerveau qui se chevauchent. Il s'agit du cortex orbito-frontal médian et de l'hippocampe. Plus le côté gauche du cortex orbito-frontal médian est épais, meilleure est la mémoire spatiale, et plus le côté droit de l'hippocampe est épais, meilleur est l'odorat. Comme on peut le lire dans le rapport d’étude, « une plus grande épaisseur corticale est associée à la fois à moins d'erreurs pendant l'apprentissage spatial et à une meilleure identification olfactive. »

Crédit : McGill University

Une étude très sérieuse

Pour donner suite à leurs conclusions, l'équipe de recherche a également mené une étude sur les lésions cérébrales sur un petit échantillon de personnes dont la mémoire spatiale et l'odorat sont altérés par des lésions du lobe frontal qui affectent le cortex orbito-frontal médian, en les comparant à un groupe témoin. À ce sujet, les auteurs écrivent : « nous avons montré pour la première fois que les lésions cérébrales affectent les performances à la fois sur les tâches d'identification olfactive et de mémoire spatiale. Ces déficits ne s'expliquent pas par une déficience cognitive générale, car les patients présentant des lésions de ce type ont obtenu des résultats similaires à ceux des participants témoins lors de tests neuropsychologiques standards. »

Selon plusieurs experts scientifiques dans ce domaine, l’étude suggère que ce phénomène pourrait remonter à l'époque de nos plus anciens ancêtres, lorsqu'une légère odeur d'animal sauvage signifiait que le dîner ou le danger était proche. Malgré les siècles qui nous séparent de cette période, l’Homme aurait donc gardé des capacités innées pour se repérer grâce à son odorat.

Impressionnant, n’est-ce pas ? 

Source : Nature
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