Parler beaucoup serait plus important qu'être intelligent pour devenir un leader, selon la science

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Si vous voulez devenir un leader, commencez par prendre la parole le plus souvent possible. Ce que vous dites n'a même pas nécessairement d'importance. En effet, une nouvelle étude montre que les groupes sans leader peuvent en trouver un si quelqu'un se met à parler beaucoup.

Crédit : University of Manitoba

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Ce phénomène, décrit par l’« hypothèse du babillage » du leadership, ne dépend ni de l'intelligence ni de la personnalité des membres du groupe. Les leaders émergent en fonction de la quantité de paroles, et non de la qualité. Le chercheur Neil G. MacLaren, auteur principal de l'étude publiée dans The Leadership Quarterly, estime que les travaux de son équipe pourraient améliorer la manière dont les groupes sont organisés et dont les individus qui les composent sont formés et évalués.

« Il s'est avéré que les premières tentatives d'évaluation de la qualité du leadership étaient fortement influencées par une simple quantité : le temps de parole des membres du groupe au cours d'une discussion » a expliqué Neil G. MacLaren, chercheur à l'université de Binghamton, dans l’État américain de New York. Alors que nous avons tendance à considérer les leaders comme des personnes qui partagent des idées importantes, en réalité le leadership peut se résumer à celui qui s’exprime le plus. Comprendre le lien entre la quantité de paroles des personnes et la façon dont elles sont perçues comme des leaders est essentiel pour améliorer notre connaissance de la dynamique de groupe.

L'étude a porté sur 256 étudiants, répartis en 33 groupes de quatre à dix personnes chacun. On leur a demandé de collaborer soit à un jeu de simulation informatique militaire (BCT Commander), soit à un jeu axé sur les affaires (CleanStart). Les joueurs disposaient de dix minutes pour planifier la façon dont ils allaient effectuer une tâche et de 60 minutes pour l'accomplir en groupe. Une personne du groupe était désignée au hasard comme opérateur, dont le travail consistait à contrôler l'interface utilisateur du jeu.

Crédit : Executive Speak

Le pouvoir de la parole

Pour déterminer qui devenait le leader de chaque groupe, les chercheurs ont demandé aux participants, avant et après le jeu, de désigner une à cinq personnes pour cette distinction. Les scientifiques ont constaté que les personnes qui parlaient le plus étaient également plus susceptibles d'être nommées. Cette constatation est restée vraie après avoir pris en compte un certain nombre de variables, telles que la connaissance préalable du jeu, divers traits de personnalité ou l'intelligence.

Dans une interview accordée à PsyPost, Neil G. MacLaren a déclaré que « les preuves semblent cohérentes, à savoir que les personnes qui parlent plus sont plus susceptibles d'être considérées comme des leaders. » Autre constat : les préjugés sexistes semblent avoir un effet important sur les personnes considérées comme des leaders. « Dans nos données, les hommes reçoivent en moyenne un vote supplémentaire simplement parce qu'ils sont des hommes » explique le chercheur.

Intéressant, n’est-ce pas ?

Source : Big Think
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