L’expulsion de Maria del Carmen « Maricarmen » Abascal a provoqué une importante mobilisation dans les rues de Madrid, en Espagne.
La raison ? Cette retraitée de 87 ans a été contrainte de quitter le logement dans lequel elle vivait depuis 71 ans, rapporte le magazine People.
Une femme de 87 ans expulsée de son appartement à Madrid
Maricarmen occupait son appartement dans le quartier résidentiel et prisé de Retiro depuis 1956, avant que les autorités ne l’en expulsent le mercredi 23 septembre, selon Reuters.
« Je vis ici depuis 71 ans et je ne veux pas partir », avait déclaré l’octogénaire aux journalistes la veille de son expulsion.
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Le cauchemar de la vieille dame a commencé lorsqu’un fonds d’investissement, Urbagestion, a racheté l’immeuble avant d’augmenter son loyer en 2020, selon le média espagnol El País.
Dans le détail, son loyer est passé de 500 euros à 2 650 euros, avant d’être abaissé à 1 650 euros.
Le problème ? Cette somme restait trop élevée pour Maricarmen, dont la pension de retraite s’élève à 1 350 euros.
La justice valide l’expulsion de la retraitée
La Madrilène et sa famille ont emménagé dans l’appartement en 1956, alors qu’elle avait 17 ans.
À l’époque, son père avait signé un ancien contrat de location réglementée. Après sa mort, le contrat a été transmis à sa mère, puis à Maricarmen après le décès de cette dernière en 2005.
Après le rachat de l’immeuble par Urbagestion, l’entreprise a contesté le droit de la locataire à rester dans l’habitation. Elle estimait alors que cette deuxième transmission de contrat n’était pas valable.
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Ce qui devait arriver arriva : la société a engagé une procédure judiciaire pour déloger Maricarmen. En janvier 2022, un tribunal avait donné raison à l’octogénaire, mais la Cour suprême a finalement annulé cette décision en mars 2026 et statué en faveur d’Urbagestion.
Alors que l’Espagne fait face à une importante crise du logement, Maricarmen est devenue l’un des visages de cette crise.
10 000 personnes rassemblées dans les rues pour protester
Depuis, Maricarmen et son avocate, Beatriz Duro, se battent pour suspendre son expulsion, sans succès. Après plusieurs reports, la procédure a finalement eu lieu.
Ce jour-là, l’Espagnole a été informée qu’elle devait quitter les lieux et disposait de 30 minutes pour rassembler ses affaires.
Mercredi, les forces de l’ordre ont évacué plusieurs militants qui campaient devant l’entrée de l’immeuble pour empêcher l’expulsion.
La femme, qui se déplace en fauteuil roulant, a été évacuée sur une civière vers une ambulance. Alors que le véhicule circulait, ses soutiens scandaient : « Maricarmen, vous n'êtes pas seule ! » et « Assassins ! ».
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Le soir-même, près de 10 000 personnes se sont rassemblées dans le quartier pour protester criant « Honte à vous ! ».
Selon la municipalité, des solutions alternatives avaient été proposées à la retraitée avant son expulsion. Elle aurait refusé chacune de ces propositions, notamment un hébergement dans un établissement résidentiel.
Désormais sans domicile fixe, Maricarmen va vivre chez des proches.
