Un excès de vitesse de 29 km/h et une facture d’environ 120 000 euros. L’homme d’affaires multimillionnaire Anders Wiklöf a reçu cette sanction après avoir été contrôlé à 59 km/h dans une zone limitée à 30 km/h, à Mariehamn, dans l’archipel finlandais d’Åland. L’affaire a été publiée par le journal local Nya Åland le 23 mars 2026.
Pourquoi un tel montant ? En Finlande, certaines amendes dépendent des revenus du conducteur. La gravité de l’infraction détermine un nombre de « jours-amende », puis les ressources de la personne servent à fixer la valeur de chacun de ces jours.
Un dépassement de 29 km/h qu’il accepte de payer
Au volant de sa Bentley, Anders Wiklöf circulait donc presque deux fois plus vite que la limite autorisée. Selon le média automobile suédois Carup, qui reprend le récit de Nya Åland, il a accepté l’amende. Le montant annoncé correspond à une sanction liée à ses revenus, et non à un tarif particulier pour les voitures de luxe.
L’homme d’affaires assume son erreur dans les propos attribués au journal local Nya Åland :
“Si j’ai commis une erreur, je l’accepte et il n’y a rien d’autre à dire”
Accepter la sanction ne signifie toutefois pas approuver son montant sans réserve. D’après les propos rapportés par Carup, Wiklöf estime que la somme est très importante et évoque la possibilité d’un plafond. Sa réaction est donc plus nuancée qu’une simple indifférence face à la facture.
Ce n’est pas non plus sa première sanction pour excès de vitesse. Il aurait cumulé plus de 400 000 euros d’amendes au fil des années. Carup évoque, de son côté, plusieurs sanctions représentant près de 4,5 millions de couronnes suédoises sur un peu plus d’une décennie.
Comment les revenus font grimper l’amende
Le mécanisme finlandais repose sur deux éléments distincts. D’abord, un nombre de jours-amende est fixé selon la gravité de l’infraction. Ensuite, une valeur monétaire est attribuée à chaque jour en fonction des revenus du conducteur. Le total résulte de la multiplication de ces deux nombres : une même quantité de jours-amende peut donc produire des factures très différentes.
La police finlandaise détaille le calcul de la valeur quotidienne : on retranche une déduction de base de 255 euros du revenu mensuel net moyen, puis on divise le résultat par 60. Les obligations d’entretien familial peuvent également réduire cette valeur. Il ne s’agit donc pas de prendre directement le salaire brut d’une journée et de le multiplier.
Autre précision importante pour comprendre le cas d’un homme d’affaires : le salaire n’est pas la seule ressource considérée. Le portail judiciaire finlandais indique que le calcul prend notamment en compte les revenus imposables du travail et du capital, ainsi que les avantages professionnels, les pensions et la plupart des prestations sociales. Le dispositif ne repose donc pas uniquement sur la fiche de paie.
Ce sont ainsi les revenus personnels retenus pour le calcul, et non la valeur de sa Bentley, qui expliquent cette amende de 120 000 euros. Le nombre exact de jours-amende et leur valeur dans le dossier de Wiklöf ne sont cependant pas précisés dans les informations disponibles sur cette affaire.
Tous les excès de vitesse ne dépendent pas des revenus
Le système finlandais comporte une limite essentielle : les petits dépassements relèvent d’une sanction administrative forfaitaire. Selon la police, les excès de vitesse de plus de 20 km/h entrent dans le champ des infractions punissables en jours-amende. Avec ses 29 km/h de dépassement, Wiklöf se trouvait au-delà de ce seuil.
Pour les dépassements moins importants, les autorités publient des montants fixes. Dans les zones où la limitation est comprise entre 20 et 60 km/h, elles indiquent notamment 170 euros pour un dépassement de 11 à 15 km/h et 200 euros pour un dépassement de 16 à 20 km/h. Les revenus ne modifient pas ces sanctions administratives.
À titre de comparaison, en France, un excès retenu de 20 à 29 km/h entraîne une amende forfaitaire de 135 euros et le retrait de deux points. Les très grands excès de vitesse sont considérés comme des délits dès 50 km/h de dépassement, avec jusqu’à trois mois de prison et 3 750 euros d’amende.
À l’autre extrémité de l’échelle des revenus, le calcul finlandais comporte aussi des planchers. La valeur minimale d’un jour-amende est de 6 euros. La police précise toutefois que, pour un excès de vitesse commis avec une voiture, l’amende totale ne peut pas être inférieure à 200 euros, même si le calcul fondé sur les ressources aboutit à une somme moindre.
Sources : Police finlandaise et Portail judiciaire finlandais
