Dans le comté de Surrey, en Angleterre, le service de police a lancé un concept innovant baptisé “Jog On” afin de prendre en flagrant délit les harceleurs de rue qui agressent les joggeuses.
Le harcèlement de rue est un réel fléau de société, installant un climat de peur et d’insécurité pour les femmes. Un fléau qu’il faut combattre par tous les moyens possibles. Et pour ce faire, des policières n’hésitent pas à se transformer en “appât” pour interpeller les harceleurs.
Dans le comté de Surrey, situé au sud du Grand Londres, en Angleterre, le service de police a lancé la campagne « Jog On », une initiative innovante qui fait appel à des policières en civil faisant leur jogging pour intercepter les harceleurs de rue.
L'agent Abby Hayward s'est portée volontaire et, au cours d'une course de 5 kilomètres, a été victime à deux reprises de coups de klaxon et de remarques déplacées, ce qui montre à quel point le problème est répandu.

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En à peine 20 minutes de patrouille, les coureuses avaient déjà été harcelées. Un chauffeur de camion leur a crié dessus, et à peine 15 secondes après avoir repris leur course, un autre conducteur les a harcelées une nouvelle fois.
Une enquête a révélé que 94 % des femmes de Surrey (sur 450 interrogées) ont été victimes de harcèlement, mais que près de la moitié n'ont jamais porté plainte. La campagne Jog On vise non seulement à identifier les auteurs, mais aussi à sensibiliser la communauté à la gravité de ce comportement.
18 interpellations en un mois
Jog On fait intervenir des policières qui vont courir dans des lieux stratégiques. Ces policières se sont portées volontaires pour participer et ne courent pas en uniforme, de sorte qu’elles ne soient pas facilement identifiables comme telles. Si elles sont victimes de harcèlement, tel que des sifflements ou des remarques à connotation sexuelle, des équipes de soutien se trouvent à proximité pour venir en aide aux policières en course et s’occuper des harceleurs.
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Ces opérations peuvent avoir lieu à tout moment de la journée et sont conçues pour être variées et imprévisibles.
« Nous savons que ce type de harcèlement est largement sous-déclaré, grâce à une étude menée cette année par le Conseil du comté de Surrey, qui a révélé que sur les 450 femmes interrogées, 49 % n’avaient jamais porté plainte. À ce jour, nous sommes intervenus à plusieurs reprises à la suite de signalements de harcèlement visant nos agents en civil. Dans ces cas, il a été jugé approprié de mener des actions de sensibilisation sur les comportements antisociaux. »
Jog On est une initiative qui s'inscrit dans le cadre d'une priorité à l'échelle de la police locale visant à lutter contre la violence envers les femmes. L'accent mis sur ce type de crime est intégré à leur plan d'action et les équipes de quartier l'insèrent dans leur approche locale de maintien de l'ordre, par le biais d'activités de répression et d'engagement. En un mois d’expérimentation, l’opération a permis l’interpellation de 18 personnes.
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Pour chaque signalement de crime reçu, la police s’est engagée à adopter une approche centrée sur la victime et à collaborer avec des partenaires locaux afin de garantir un soutien spécialisé et accessible aux personnes concernées. Il est essentiel d’identifier et de cibler de manière proactive les auteurs de ces crimes, que ce soit par le biais d’opérations autonomes ou en gérant les auteurs particulièrement dangereux en collaboration avec d’autres organismes.
