Une étude publiée dans la revue Nature révèle la découverte du plus grand et du plus ancien cimetière de baleines dans l’océan Indien.
Dans une étude parue mercredi 10 juin dans la revue Nature, des scientifiques chinois et italiens révèlent avoir découvert « une nécropole de baleine en eaux profondes vieille de 5,3 millions d’années ».
Répartis sur un corridor long de 1 200 kilomètres à l’ouest de l’Australie, près de 500 squelettes de baleines gisent à 7 000 mètres au fond de l’océan Indien, soutenant tout un écosystème, dont de nombreux organismes seraient encore inconnus de la science.
Les chercheurs racontent qu'ils ont été "stupéfaits" par l'ampleur du cimetière de baleines. À bord de leur petit submersible, ils ont identifié sur cette très large zone près de 500 sites où gisent des fossiles de baleines.
Crédit photo : Nature
Pour ces chercheurs internationaux, si autant de cétacés sont morts dans cette tranchée, c’est parce qu’il s’agit d’une aire d’alimentation importante, de surcroît en forme de V, réunissant les carcasses vers le même fond marin.
« C’est une découverte vraiment unique. Le plus ancien fossile, ainsi que de nombreux crânes plus récents, montrent que les ‘’chutes de baleines’' se sont accumulées sur ce site de façon ininterrompue pendant au moins cinq millions d’années »
Pour mener à bien leur travail, les chercheurs ont effectué 32 plongées à bord d’un petit submersible nommé « Fendouzhe » dans la zone Diamantine en 2023. L’engin pouvait transporter jusqu’à trois personnes et collecter des fragments de fossiles à l’aide de bras robotisés.
Crédit photo : Nature
Un écosystème unique alimenté par les carcasses
En extrapolant à partir du nombre de fossiles retrouvés, les auteurs estiment que plus de 10 millions de squelettes pourraient reposer au fond de l’océan dans la zone Diamantina. Les tissus mous et les lipides contenus dans cette masse de carcasses représentent « à peu près 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé ».
Ce qui représente une immense source de nourriture pour les animaux vivant en eaux profondes, similaire aux sources hydrothermales qui créent leurs propres écosystèmes. Certains des êtres observés vivent également dans des sources hydrothermales et des suintements froids, ce qui suggère que les carcasses de baleines pourraient relier ces communautés marines profondes.
Crédit photo : Nature
Sur le plan scientifique, ce cimetière de baleine permet deux grandes avancées. D'abord, parmi des squelettes datant de près de 5,5 millions d'années, une nouvelle espèce a été découverte, baptisée Pterocetus Diamantinae.
Ensuite, ces fossiles qui gisent dans les abysses jusqu'à 7 000 mètres de profondeur, ont permis le développement de tout un écosystème. Des méduses, des vers se nourrissent de ces ossements, les chercheurs pensent même avoir découvert des organismes vivants jusqu'ici inconnus avec, de plus, des pistes pour trouver un moyen de transformer des matières végétales en nylon.
