À Paris, il est devenu mission impossible de trouver des œufs en rayon. La capitale est à sec face à une demande qui ne cesse de croître dans notre pays.
Si vous habitez ou travaillez à Paris, vous avez peut-être remarqué qu’il manque un produit phare dans les rayons des magasins. Quelle que soit l’enseigne, on ne trouve plus d'œufs. Les étals sont vides et c’est pourquoi les Parisiens se retrouvent dépourvus de cette source de protéines depuis plusieurs semaines.
« Il y a une très forte tension dans toute la ville. Mais en fait, c’est vrai dans toute la France. C’est juste qu’ici, la demande est très forte par la densité de clientèle », admet l’employé d’un grand magasin à nos confrères de 20 Minutes.
En fait, cela fait déjà plusieurs mois que le marché de l'œuf est à la peine. Mais c’est encore plus flagrant depuis la fin des fêtes de Noël et le jour de l’An. Les gens reviennent à leurs habitudes et optent de nouveau pour ce produit apprécié et bon marché, explique Alice Richard, directrice du CNPO (l’interprofession de l'œuf).
Une forte demande que peine à combler la filière
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L'œuf est très prisé des Français. Depuis la crise du Covid-19, sa consommation a augmenté de 5% par an. Nos confrères indiquent que la consommation est passée de 226 à 240 œufs par habitant rien qu’en 2025.
Comment expliquer une telle augmentation ? Outre son prix bon marché, et donc accessible au plus grand nombre, l'œuf est simple et rapide à cuisiner. Ainsi, on le retrouve dans de nombreux plats (quiche lorraine, brioche, gâteaux…).
« C’est un peu un produit refuge vers lequel les consommateurs se tournent. Nous avons d’abord pensé que c’était conjoncturel. Mais on voit que depuis, l’inflation a reculé, mais les habitudes sont restées », confirme Alice Richard.
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Cependant, face à cette forte demande, la filière a du mal à suivre. Il y a tout d’abord eu la grippe aviaire entre 2022 et 2023 (moins 3 à 4 % d'œufs produits). Puis, le passage des cages à l’élevage au sol a entraîné une baisse de 20 % du nombre de poules dans les élevages.
Aujourd’hui, les 15 milliards d'œufs produits par an ne sont plus suffisants. À tel point que la France doit importer des œufs européens, en particulier de Pologne.
Pour faire face à ce problème, la filière a prévu de « construire 300 nouveaux poulaillers d’ici à 2030 », poursuit Alice Richard.
Néanmoins, il faudra être patient pour un retour à la normale, prévu courant 2026.
