Alors que le nombre de rhinocéros continue d’augmenter au Népal, habitants et touristes apprennent à cohabiter avec ces géants potentiellement dangereux.
Au Népal, il n’est pas rare de voir des passants et des rhinocéros partager les mêmes rues. Une cohabitation devenue inévitable après la forte augmentation de la population de ces animaux, selon le magazine américain People.
Au Népal, habitants et rhinocéros cohabitent
Dans les années 1970, cette espèce a bien failli disparaître après avoir été ciblée par les braconniers. À l’époque, il ne restait qu’une centaine d’individus dans ce pays d’Asie du Sud.
Les rhinocéros indiens (Rhinoceros unicornis) ont été sauvés de l’extinction grâce à des mesures de protection strictes et à leur classement comme « espèce protégée ».
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Selon BBC Wildlife Magazine, certains spécimens ont été observés en train de brouter dans les pelouses et les jardins des habitants. D’autres ont été aperçus se déplaçant près des commerces locaux autour du parc national de Chitwan, créé en 1973 pour protéger l’espèce.
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Si ces géants herbivores semblent dociles, ils peuvent être dangereux pour les humains, notamment lorsqu’ils se sentent menacés.
« Les populations de faune sauvage augmentent, et les conflits entre humains et animaux sauvages se multiplient également », a déclaré Doma Paudel, première femme guide de trek au Népal et fondatrice du Wildlife Victim Fund, au Guardian.
D’après la spécialiste, ces incidents suscitent une « montée de la colère, de la peur et des inquiétudes » chez les villageois.
Des villageois désemparés
La présence d’animaux sauvages près des habitations entraîne des issues tragiques : onze personnes ont été tuées lors d’attaques impliquant des éléphants, des rhinocéros et des tigres dans le parc national de Chitwan sur l’année écoulée, les rhinocéros étant responsables du plus grand nombre de victimes.
« Les rhinocéros viennent plus fréquemment dans nos champs. Parfois, ils passent juste devant les maisons », a raconté Balkrishna Bhattarai, agriculteur à Shikharpur, dans la vallée de Madi.
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Le fermier affirme par ailleurs que son fils de 22 ans a récemment été tué par un rhinocéros alors qu’il rentrait du travail.
« Il y en avait un dans notre champ en train de manger les cultures. Mon fils a essayé de le faire fuir, mais l’animal l’a chargé et l’a tué », a-t-il expliqué.
« Partager l’espace avec les autres animaux »
La communauté locale accuse notamment les rhinocéros de ravager les cultures. Face à cette situation, les agriculteurs ont installé des « tours de guet » dans leurs champs afin de protéger les récoltes.
De son côté, Doma Paudel insiste sur l’importance d’une cohabitation pacifique entre les humains et la faune sauvage.
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Comme elle le précise, elle organise des ateliers réunissant des environnementalistes pour élaborer des stratégies permettant aux habitants de vivre en sécurité aux côtés de ces grands animaux.
« L’espace est à partager avec les autres animaux. Si nous aimons la nature, la nature nous aimera en retour », a-t-elle conclu.
