En Alaska, l’ours brun compte parmi les prédateurs les plus redoutés, et gare à ceux qui s’aventurent sur son territoire. Gavin Haakenson, un chasseur d’orignaux, vient de l’apprendre à ses dépens.
Le 2 septembre dernier, cet Américain a été attaqué par un ours brun alors qu’il traquait des grands cervidés avec son ami Ethan Yeager, près de la rivière Killey, dans le Kenai National Wildlife Refuge, rapporte Outdoor Life.
Un chasseur attaqué par un ours brun
Ce jour-là, les deux hommes se sont retrouvés dans cette zone après leur journée de travail pour repérer des orignaux.
Le duo a alors parcouru près de trois kilomètres sur un sentier avant de traverser des broussailles en direction de plusieurs étangs marécageux, où il a imité le cri de l’orignal dans le but d’en attirer un. Mais aucun animal ne s’est manifesté.
Gavin Haakenson et son compagnon de chasse ont fait demi-tour afin de rejoindre leur véhicule. Cette fois, ils ont emprunté un autre chemin à travers les arbres, peu avant le coucher du soleil.
Crédit Photo : iStock
C’est à ce moment-là que ce dernier a soudainement entendu un bruit sur sa droite. En tournant la tête, il a aperçu un ours brun qui fonçait droit sur lui à pleine vitesse.
« Il grognait très fort, c’était terrifiant. J’ai vu son visage. Il avait les crocs sortis. Il m’a frappé à l’épaule et m’a fait tomber », raconte le chasseur.
Après cette charge, Gavin Haakenson a perdu connaissance et ne se souvenait pas de ce qui s’est passé ensuite.
« La dernière chose dont je me souviens, c’est d’avoir essayé de mettre mon fusil en position et de voir l’ours sauter sur moi », explique-t-il.
Plus de peur que de mal
Selon nos confrères, Gavin Haakenson s’est retrouvé allongé sur le dos, sous l’ursidé. Témoin de la scène, Ethan Yeager a tiré avec son arme de poing en évitant l’animal pour le faire fuir.
Après deux tirs, l’ours s’est relevé avant de prendre la fuite, tandis que le chasseur a continué à lui tirer dessus et l’aurait peut-être touché.
« Tout s’est passé en moins de dix secondes », explique Gavin Haakenson.
Ce dernier s’en est bien sorti puisqu’il n’a pas eu besoin de points de suture et n’a aucun os cassé. En revanche, il devra suivre six semaines de kinésithérapie pour ses épaules en raison de la violence du choc.
Crédit Photo : Gavin Haakenson
Ses vêtements ainsi que son équipement portent des traces de la rencontre : la crosse de son fusil est rayée, sa lunette de visée est cabossée et une grande partie de son manteau a été arrachée.
Mais Gavin Haakenson assure que les conséquences psychologiques sont plus difficiles à surmonter.
« Je suis nerveux rien que d’y penser. Je suis content d’avoir perdu connaissance et de ne pas me souvenir de l’ours sur moi. C’est le “et si ?” qui m’empêche de dormir », confie-t-il.
La victime souhaite retrouver l’animal pour l’abattre
D’après Outdoor Life, des agents du U.S. Fish and Wildlife Service ont ensuite inspecté la zone. Résultat : des morceaux du manteau de Gavin Haakenson ont été retrouvés dans des fosses probablement creusées par l’ours.
Néanmoins, le plantigrade ne se trouvait pas sur les lieux. À noter que celui-ci pourrait se montrer encore plus agressif en cas de rencontre avec un humain.
Crédit Photo :Dustin Martin / USFWS Kenai National Wildlife Refuge federal wildlife officer
Les autorités pensent qu’il pourrait s’agir d’un ours brun mâle, en raison de la taille des zones creusées et de la description donnée par les deux chasseurs.
Gavin Haakenson, qui possède des permis de chasse pour l’ours brun, l’ours noir et l’orignal, hésite à retourner dans cette partie du parc avant la fin de la saison.
« J’ai une décision difficile à prendre. J’aimerais retourner là-bas pour retrouver cet ours brun et l’abattre, mais jusqu’à quel point ai-je envie d’inquiéter ma mère ? Et à quel point cet ours brun sera-t-il énervé lorsqu’il me verra ? », s’interroge cet Américain.
