Stupéfaction à Langlade, dans le Gard, où un coq a été abattu d’une balle dans la tête dans le jardin de ses propriétaires. Un acte de cruauté qualifié de délit par le Code pénal, passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, sur lequel les gendarmes ont ouvert une enquête.
Le village de Langlade, près de Nîmes (Gard), est sous le choc : Coco, un coq rescapé de l’abattoir, a été tué d’un coup de fusil dans le jardin de ses propriétaires, Valérie et Fabien. Un drame qui rappelle de tristes précédents et relance le débat sur la cohabitation entre néoruraux et habitants attachés à la vie de la campagne.
Le tireur a visé le coq à travers le grillage
Le drame s’est produit dans la matinée du samedi 9 mai 2026, rapporte le média local Objectif Gard. Valérie était en train d’installer son fils dans la voiture pour l’emmener à la pêche lorsqu’une détonation a retenti. Sur le moment, elle a d’abord pensé à un pétard.
« Au début, je me suis dit que c'était des jeunes qui s’amusaient », raconte-t-elle.
C’est sa mère qui a découvert l’animal sans vie dans le poulailler. Elle a « constaté que le coq avait été tué », détaille Valérie. Selon ses dires, le tireur a « visé de l’extérieur de la propriété à travers le grillage et en direction de la maison ». Un détail qui glace : l’auteur du tir a fait feu en direction d’une habitation, alors qu’un enfant se trouvait dans le jardin.
« Il y avait mon petit-fils de sept ans dehors, vous voyez les éclaboussures de sang, ça l'a beaucoup touché », ajoute-t-elle.
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Un acte qualifié de délit par le Code pénal
Au-delà de l’émotion suscitée par cet acte, la législation française est très claire. Tuer dans ces conditions un animal domestique d’autrui constitue un délit lourdement sanctionné. L’article 521-1 du Code pénal punit en effet de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende tout acte de cruauté commis sur un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité.
Lorsque les sévices entraînent la mort de l’animal, comme c’est le cas pour Coco, les peines sont portées à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Une circonstance aggravante supplémentaire est même prévue par la loi lorsque les faits sont commis en présence d’un mineur, ce qui pourrait s’appliquer dans ce dossier au vu de la présence de l’enfant de sept ans dans le jardin au moment du tir.
Les autorités rappellent régulièrement la gravité de ce type de comportements. La Fondation 30 Millions d’Amis, qui se constitue régulièrement partie civile dans ce genre d’affaires, milite de longue date pour un alourdissement des sanctions et une meilleure prise en compte de la souffrance animale par la justice française.
Une affaire qui rappelle de tristes précédents
La mort de Coco n’est malheureusement pas un cas isolé. La France a déjà connu plusieurs affaires de coqs tués dans des contextes de conflit de voisinage, dont la plus célèbre reste celle de Marcel, un coq d’Ardèche « sauvagement réduit au silence », dont le tireur avait été condamné à cinq mois de prison avec sursis. C’est aussi le tristement célèbre procès du coq Maurice, sur l’île d’Oléron en 2019, qui avait poussé le législateur à agir.
La loi du 29 janvier 2021 visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises, parfois surnommée « loi Maurice », a depuis inscrit dans le Code de l’environnement la protection des sons et odeurs caractéristiques de la vie rurale. Cocoricos, cloches d’église, coassements de grenouilles ou meuglements de vaches sont désormais considérés comme faisant partie de l’identité culturelle des territoires ruraux. Un texte qui aurait, en théorie, protégé Coco.
Une plainte déposée à la gendarmerie
La mort de Coco est d’autant plus tragique, puisque le volatile avait été sauvé in extremis de l’abattoir par le couple. Le gallinacé cohabitait avec d’autres animaux dans son enclos, et s’était intégré au quotidien de la famille.
Une question reste en suspens : quels étaient les motifs du tireur ? Le coq dérangeait-il réellement le voisinage ?
« Les gens n'ont pas à faire ça sur les animaux, ils n'y sont pour rien. S'ils ne supportent pas la campagne, il faut habiter dans les grandes villes », poursuit la mère de famille.
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À la suite de cette macabre découverte, le couple a déposé plainte à la gendarmerie de Calvisson. Une enquête a été ouverte pour identifier l’auteur du tir, qui encourt donc jusqu’à cinq ans d’emprisonnement si les faits sont avérés.
Valérie et son compagnon ont quant à eux décidé de ne pas laisser l’enclos vide. Ils ont recueilli un autre coq, offert par un ami par solidarité. Baptisé Rico, il sera bientôt rejoint par un dindon et une oie. Une nouvelle famille qui se forme après cet événement dramatique.
