Après avoir sauvé des aliments invendus de supermarchés destinés aux poubelles, il les distribue gratuitement aux passants

683partages

Les fêtes de Noël sont synonymes de partage, de famille, de repas, mais aussi de gâchis. À trop vouloir consommer pour marquer le coup des fêtes de fin d’année, la surconsommation entraine forcément de la nourriture gâchée qui ne pourra être consommée.

Yann distribue gratuitement les invendus des supermarchés. Crédit : Paris Normandie

Afin de satisfaire le plus grand nombre, les chaînes de magasins produisent aussi en grosse quantité. Sauf que les invendus sont nombreux. Selon un rapport du ministère de l’Écologie paru en 2011, « la grande distribution française jette 750 000 tonnes par an d’invendus ».

Un chiffre effarant quand on connaît le nombre de Français qui ne mangent pas à leur faim, ou lorsque l'on sait qu’un milliard de personnes dans le monde est sous-alimentée, d’après les indices de l’ONU.

C’est pour pallier à ces chiffres indécents que plusieurs coopératives et associations luttent contre le gaspillage alimentaire.

Vendredi 27 décembre, deux jours après Noël, un jeune homme de Rouen s’est ainsi fait remarquer par son geste solidaire. Plus que pour l’entraide, le but de Yann est aussi d’alerter sur le gaspillage des invendus de supermarchés.

Ce jour-là, Yann distribue près de 150 kilogrammes de nourriture sauvée des poubelles d’un supermarché de la ville aux passants. Le succès est immédiat pour un message clair : « j’aimerais renseigner la population sur la thématique du gaspillage alimentaire et lui faire économiser de l’argent », explique le jeune homme, co-fondateur du collectif les Gars’pilleurs.

Le gaspillage alimentaire représente 750 000 tonnes par an en France. Crédit :  wk1003mike/ Shutterstock 

Une noble cause qui n’est pas sans danger pour Yann. « J’ai escaladé un portail de 3 mètres de haut avec des piques sur le dessus. Tout autour de la réserve, des barbelés protègent les murs, comme une prison ! », rétorque-t-il.

Une démarche courante des grande surfaces qui fait polémique. La plupart des produits jetés par les supermarchés sont encore comestibles. Ces derniers pouvant bénéficier aux plus démunis. « Le prix du produit est indexé par les casses, vols et pertes, c’est le consommateur qui paie tout ça ».

Dans sa hotte, Yann a réussi à dégoter des produits de "luxe" comme du pain, de la viande, du fromage, de la confiture et même du homard !

« Appelons les gens à ne pas acheter dans ces enseignes »

Yann et son collectif tentent de faire changer les choses et faire réagir les consommateurs qui sont seuls à pouvoir contrer ce phénomène. « Elles sont arrivées il y a 60 ans en nous promettant abondance, qualité et quantité, mais c’est de la poudre aux yeux, s’emporte Yann. On souhaite alerter l’opinion publique et nous appelons les gens à ne pas acheter dans ces enseignes », lance-t-il.

Crédit :  Iakov Filimonov/ Shutterstock 

La démarche de Yann et ses camarades gagne du terrain et se propage lentement mais sûrement dans toute la France. « Certains ont créé des antennes à Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lons-le-Saunier », se réjouit Yann.

Même si Yann a de gros espoirs dans son mouvement, il n’en reste pas moins lucide face aux mastodontes que sont les grandes enseignes. « Nous sommes très peu face à la grande distribution où ils sont nombreux, bien payés et organisés. Face à eux, nous sommes une crotte de nez », analyse-t-il.

Depuis 2016, une loi pour la lutte contre le gaspillage alimentaire « oblige les supermarchés de plus de 400m2 à créer un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour faire don des invendus consommables […] sous peine d’une amende de 3750 euros ».

Une loi qui a visiblement du mal à être respectée …

Source : Paris Normandie
Plus d'articles
À lire aussi