Cette prison géante est la « pire du monde » et ses 15 000 détenus ne seront jamais libérés

Un journaliste britannique a pu visiter la prison réputée comme étant la « pire du monde »

Les conditions de vie en prison sont très souvent pointées du doigt en France, où le débat fait rage depuis des années.

Certains considèrent que l'administration pénitentiaire se montre trop laxiste envers les détenus, quand d'autres dénoncent, en revanche, des conditions de détention indignes et tirent la sonnette d'alarme. Si la situation des prisons françaises s'avère alarmante sur de nombreux points, ce qui a d'ailleurs valu au pays deux condamnations de la CEDH en 2020 et 2023, ce n'est rien en comparaison d'autres établissements à la réputation sinistre. 

C'est notamment le cas du Centro de Confinamiento del Terrorismo (CECOT), qu'un journaliste a récemment pu visiter exceptionnellement.

Cellule surpeuplée du Centro de Confinamiento del Terrorismo au SalvadorCrédit photo : capture d'écran

Voici la « pire prison du monde »

Connu comme étant la « pire prison du monde », cet établissement, situé au Salvador en Amérique centrale, a ouvert ses portes en 2023. D'une superficie de 1,6 km², il compte actuellement 15 000 détenus, mais peut en accueillir 40 000.

Controversé avant même son inauguration, le centre a été fondé à l'initiative du président salvadorien Nayib Bukele, afin de lutter efficacement contre la terrible guerre des gangs, opposant le Barrio 18 et le MS-13. Un conflit qui ravage le pays depuis des décennies.

Tous les prisonniers enfermés dans l'établissement n'en ressortiront jamais, ce qui fait de cet endroit une forteresse carcérale unique au monde. À l'intérieur de la prison règne donc une discipline de fer et les privations de liberté des détenus atteignent des sommets. Les conditions de détention sont si dures que le directeur de l'établissement a coutume de décrire les lieux comme un « cimetière d'hommes vivants ».

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Le célèbre journaliste britannique Richard Madeley a pu s'en apercevoir de ses propres yeux, après avoir obtenu l'autorisation exceptionnelle de visiter la prison. Aujourd'hui âgé de 70 ans, l'ex-présentateur vedette de l'émission anglaise « This Morning » en a tiré un documentaire coup de poing qui témoigne ainsi des conditions extrêmes de détention. On y voit, par exemple, des détenus à l'isolement maintenus dans l'obscurité et le silence complets pendant de longs séjours, qui peuvent durer jusqu'à un mois.

Cellule surpeuplée du Centro de Confinamiento del Terrorismo au SalvadorCrédit photo : capture d'écran

On y apprend également qu'en conditions normales, l'éclairage des cellules surpeuplées (photo ci-dessus) reste, à l'inverse, allumé 24h/24 et 7j/7 afin que les prisonniers, enchaînés 23 h par jour, ne puissent pas se reposer convenablement. Les détenus doivent, de plus, dormir sur des lits métalliques sans matelas et n'ont, pour seule distraction, que des séances de lecture de la Bible.

« Je n'ai jamais vu d'autres êtres humains dans un tel état, détenus dans de telles conditions », détaille Richard Madeley, qui précise qu'une sorte de « bulle électronique » a été instaurée tout autour de la prison, afin de brouiller le moindre appareil qui serait introduit clandestinement.

Impressionné par cette visite, Richard Madeley a par ailleurs expliqué qu'il avait été frappé par l'ordre et l'obéissance des détenus. 

« Je n'imagine pas de prison au Royaume-Uni où les détenus seraient aussi soumis », conclut ainsi l'intéressé, dont le reportage, en 5 épisodes, est disponible depuis le mercredi 27 mai sur Channel 5.

Mathieu D'Hondt

Au sujet de l'auteur :

Évoluant dans la presse web depuis l’époque où celle-ci n’en était encore qu’à ses balbutiements, Mathieu est un journaliste autodidacte et l’un de nos principaux rédacteurs. Naviguant entre les news généralistes et les contenus plus décalés, sa plume s’efforce d’innover dans la forme sans jamais sacrifier le fond. Au-delà de l’actualité, son travail s’intéresse autant à l’histoire qu’aux questions environnementales et témoigne d’une certaine sensibilité à la cause animale.