1 200 médecins hospitaliers démissionnent de leur fonction d'encadrement, dénonçant l'absence de négociations avec le gouvernement

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Démissions en cascade aujourd'hui au sein des établissements hospitaliers publics. Une action inédite qui en dit long sur le malaise des hôpitaux français. Explications.

Ils avaient prévenu, ils ont finalement mis leur menace à exécution !

1 200 médecins hospitaliers vont officiellement démissionner ce mardi de leurs fonctions d’administration, de gestion et de représentation, en raison de l’absence de négociations avec le gouvernement quant aux moyens alloués à l’hôpital public.

Parmi les démissionnaires, on recense notamment 600 chefs de service et 470 responsables d’unité. C’est à Marseille que la saignée est la plus importante avec une cinquantaine de démissions.

Cette action spectaculaire sans précédent démontre à quel point la crise que traverse l’hôpital public est bien plus profonde qu’elle n’y paraît.

Crédit photo : ricochet64 / Shutterstock

« C’est un geste politique qui dit, que nous, médecins, on ne peut pas continuer comme ça »

Pour comprendre les raisons de cette colère inédite, il faut remonter au 20 novembre 2019, date à laquelle la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé en grande pompe un plan d’urgence pour l’hôpital public.

Mais celui-ci est jugé insuffisant par les médecins démissionnaires qui ont fait part de leur « profonde déception » dans un courrier adressé au ministère et publié par nos confrères de Libération.

Les médecins estiment qu’il manque 600 millions d’euros aux 200 millions supplémentaires débloqués par le gouvernement. « C’est trop peu, trop partiel, trop étalé dans le temps », dénoncent-ils ainsi.

« Nous sommes conscients qu’on ne corrige pas les insuffisances ou les erreurs du passé en deux ans mais il y a urgence. La dégradation des conditions de travail des professionnels est telle qu’elle remet en cause la qualité des soins et menace la sécurité des patients », déplorent les intéressés.

« C’est un geste politique qui dit, que nous, médecins, on ne peut pas continuer comme ça », explique le professeur André Grimaldi, membre du Collectif Inter Hôpitaux, à l’origine de cette démonstration de force.

« C’est l’ultime bataille, une des dernières cartouches de l’hôpital public », ajoute le praticien qui rappelle que le collectif réclame une revalorisation « significative » des salaires des personnels hospitaliers ainsi qu’une révision « profonde » des financements et davantage d’embauche.

Reste à savoir si une telle action fera bouger les lignes ou si le gouvernement fera la sourde oreille.

Selon un praticien interrogé par Le Monde, « ces démissions peuvent en partie gripper la machine » et bloquer ainsi la chaîne de commandement car « l’administration n’a plus d’interlocuteur ». De fait « plus aucun projet ne (pourrait) être porté efficacement ».

Vous l’aurez compris, l’hôpital public est bien malade et aucun remède ne semble l’apaiser.

Source : Le Monde
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