Des Français d'origine asiatique dénoncent le racisme qu'ils subissent à cause du coronavirus

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Pendant que le coronavirus se répand et fait hausser son bilan de décès à 106, le virus du racisme, lui, a contaminé de nombreuses personnes depuis bien longtemps. Aujourd’hui, des Français d’origine asiatique dénoncent la libération de la parole raciste liée au coronavirus.

Tous les asiatiques ne sont pas Chinois, et tous les Chinois ne sont pas porteurs du coronavirus. En France, ils le sont encore moins. À l’heure actuelle, l’épidémie a causé 106 décès et a contaminé plus de 4000 personnes en Chine, tandis qu’en France trois personnes ont été contaminées par le virus.

Cependant, malgré ces faits très concrets, les Français d’origine asiatique subissent l’amalgame idiot entre leurs origines et l’origine du virus. Une jeune femme a lancé le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus afin de dénoncer les réactions racistes que subissent les Français d’origine asiatique.

« Le pire des virus, c’est le racisme systémique ! » lance-t-elle avec colère sur sa publication. Désirant rester anonyme, elle s’attaque à la sinophobie, le racisme anti-chinois, toujours latent et qui devient plus virulent depuis la médiatisation du coronavirus.

Que ce soit dans la rue, dans les couloirs du métro et surtout sur les réseaux sociaux, les pires clichés sur la communauté asiatique reprennent leurs aises : « Tout ça me touche personnellement, j’en viens même à me demander comment les gens pourraient réagir dans les espaces publics si jamais je toussais » explique-t-elle.

« La crise sanitaire du coronavirus entraîne dans son sillage une libération de la parole raciste dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce déchaînement vis les personnes ‘asiatiquetées’ c’est-à-dire perçues dans l’inconscient collectif français comme chinoises (…) Beaucoup de personnes utilisent de manière indifférenciée ‘chinois’ pour ‘asiatiques’ mettant de côté toutes les nationalités et diversités culturelles, ethniques, etc… qui composent ce continent » estime-t-elle.

Ces amalgames donnent lieu à une sorte de psychose qui se traduit par des insultes, des moqueries et de la défiance envers les personnes d’origine asiatique.

Yiyi, jeune buraliste chinoise à Paris, témoigne auprès de LCI : « Il y a quelques jours, dans la rue, j’ai croisé un groupe de jeunes qui m’a demandé si j’avais déjà mangé des chauves-souris… Je l’ai super mal pris ».

Un autre internaute témoigne : « Quelqu’un passe devant moi et crie : ‘Baaaah Coronavirus, coronavirus’ en nous désignant, en se foutant de notre gueule, sans nous regarder… J’étais un peu dégoûté. Ils ont commencé à se foutre de nous parce que ça vient de la Chine. Mais parce que je suis asiatique, j’ai l’habitude du racisme ».

Elle aussi, sur Facebook, a repris le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus : « C’est pas parce que je suis Chinoise que j’ai le virus. Dans la rue, les gens te demandent si tu as chopé le virus, s’éloignent de toi, te regardent bizarrement, te demandent si tu manges ceci ou cela (…) Les racistes s’en donnent à cœur joie pour vous insulter de tous les noms parce que c’est une super occasion pour eux ».

L’Association des Jeunes Chinois de France (AJCF) dénonçait ce week-end la une du Courrier Picard qui titrait « Coronavirus chinois – Alerte jaune » : « NON, une personne d’origine chinoise n’est PAS une personne porteuse du coronavirus! NOUS NE SOMMES PAS DES VIRUS ! » s’insurgeait-elle. Depuis, le canard a présenté ses excuses.

Responsable du pôle citoyenneté de l’association des Chinois résidant en France, Sacha Lin Jung dénonce un racisme décomplexé par l’émergence coronavirus : « Ce qui me fait le plus peur c’est vraiment que des personnes en fasse un prétexte pour déverser leur haine, leur racisme, qui n’est pas lié au coronavirus mais tout simplement à une forme de xénophobie ».

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