Un “recul déplorable" selon les écologistes, l'huile de palme reste dans la liste des biocarburants

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L'Assemblée nationale a voté sans débat un report à 2026 du retrait de l'huile de palme de la liste des biocarburants.

La réaction des associations écologistes a été immédiate. L’une d’entre elles, les Amis de la Terre y voit un “lobbying éhonté de Total”.

Cette décision vient contrecarrer le vote de l’année dernière qui mettait fin au régime fiscal favorable dont bénéficiait l’huile de palme. Selon les Amis de la Terre, ce report est “un cadeau fiscal évalué entre 70 et 80 millions d’euros.

Le député François Pupponi (Libertés et territoires) espère une “deuxième délibération” car la manière dont le vote s’est passé n’a “pas été correcte” selon lui. En effet, aucun débat n’a eu lieu dans l’hémicycle.

Matthieu Lorphelin (ex-LREM et proche de Nicolas Hulot), a déclaré quant à lui que c’est “une belle victoire pour Total qui peut sabrer le champagne ce soir. Honteux !”. Il s’agit selon ses mots d’un “recul déplorable (et en catimini)”.

 Plantation d'huile de palme, crédit : Muhd Fuad Abd Rahim/ shutterstock

Total, de son côté, renvoie vers les propos tenus en octobre dans le JDD par son PDG, Patrick Pouyanné. Il disait vouloir “juste être au même niveau de compétition que nos concurrents européens qui, contrairement à nous, bénéficient d'un avantage fiscal jusqu'en 2030”.

Ainsi, selon lui, “une solution gagnant-gagnant serait que la France arrive à convaincre ses partenaires européens de sortir plus tôt de l’huile de palme, par exemple dans cinq ans, en 2026, et non en 2030.”

Les députés signataires de cet amendement évoquent également la défense de la compétitivité de Total en déclarant vouloir “laisser une période transitoire suffisante de stabilité fiscale et réglementaire aux acteurs économiques français, […] dans un calendrier [de sortie] deux fois plus rapide que celui proposé par l’Union européenne”.

Toujours est-il que malgré le soutien exprimé par ce report, les activités du géant pétrolier sont souvent dénoncées par les associations d’écologistes dont Greenpeace, l’accusant de “déforestation massive” lors du processus de production de l’huile de palme. Le débat est loin d’être clos entre la défense des intérêts du marché et ceux de l’environnement.

Source : Libération
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