Les Pics d'Or : les pires dispositifs anti-SDF récompensés ironiquement par la Fondation Abbé Pierre

2 500partages

Les pires mobiliers urbains destinés à éloigner les sans-abri ont été récompensés ironiquement par la Fondation Abbé Pierre, qui souhaite sensibiliser sur le sort des plus démunis.

Fondation Abbé Pierre

Pour la deuxième année consécutive, la Fondation Abbé Pierre a décerné des récompenses ironiques aux pires dispositifs anti-SDF ce lundi, lors de la cérémonie satirique des « Pics d'or » organisée au Théâtre de l’Atelier à Paris, en présence notamment des humoristes Guillaume Meurice et Blanche Gardin.

Ces prix sarcastiques ont pour but d’alerter l’opinion sur « l’hostilité urbaine à l’égard des personnes sans domicile fixe », tout en rappelant que ces dernières ont des droits, selon la FAP.

« Les personnes sans-abri, comme tout être humain, ont des droits fondamentaux »

Parmi les récompenses décernées, deux ont particulièrement retenu l’attention.

Fondation Abbé Pierre

Ainsi, dans la catégorie « Fallait oser », le « Pic d’or du dispositif le plus décomplexé » a été remis à un rail de fer installé le long d’une bordure d’un jardin à Lyon dans le but d’empêcher d’éventuel sans-abri de venir s’y établir.

Quant au « Pic d’or du dispositif le plus agressif » (catégorie « Le Clou »), il a été décerné à des poteaux en métal plantés dans l’entrée d’un immeuble du Xe arrondissement de Paris.

Ces aménagements, hostiles aux personnes qui dorment dans la rue, ont été sélectionnés parmi 450 dispositifs signalés par des internautes sur Twitter via le hashtag #SoyonsHumains, lancé à l’initiative de la fondation Abbé Pierre.

« Les personnes sans-abri, comme tout être humain, ont des droits fondamentaux, qui ont été rassemblés au sein de la Déclaration des droits des personnes sans-abri », rappelle l’association.

Fondation Abbé Pierre

Selon cette dernière, l’État, les collectivités, les entreprises, commerçants ou encore riverains usent de « moyens humains » pour empêcher les sans domicile fixe de s’abriter ou de se mettre au chaud. Une pratique qui les « invisibilise » pour, à terme, les éloigner des villes et les faire disparaître.

« Ce n’est pas en recourant à ce type de dispositifs qui ne font que déplacer le problème qu’on le réglera », déplore Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. « Il faut faire plus, tendre la main et apporter une réponse digne aux personnes à la rue », explique-t-il.

Fondation Abbé Pierre

Pour rappel, 150 000 personnes étaient considérées comme sans-abri en France, en 2012, selon un rapport de l’Insee. Un chiffre très en deçà de la réalité affirment de leur côté les associations de terrain, qui en recensent 250 000.

Plus d'articles