Les sages-femmes vont recevoir une augmentation de 500 euros par mois

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Lundi 22 novembre, des membres du gouvernement, des syndicats et la Fédération hospitalière de France ont trouvé un accord pour aider les sages-femmes. Entre prime, augmentation et allongement de la formation, voici les mesures inédites.

On compte environ 23 000 sages-femmes en France. Depuis des mois, ces dernières sont en grève, car elles demandent une modification de leur statut et de leurs conditions de travail, ce qui a un véritable impact sur les maternités du pays.

Crédit photo : Robert Pratta / Reuters

Ce lundi 22 novembre, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, Amélie De Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, et Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des familles, se sont concertés avec des syndicats et la Fédération hospitalière de France. Ils sont finalement parvenus à trouver un accord qui pourrait aider les sages-femmes et répondre à leurs revendications.

Une revalorisation salariale des sages-femmes

Au cours de cette concertation, trois grandes mesures ont été décidées. Les sages-femmes auront droit à une revalorisation salariale importante, avec une augmentation de 500 euros par mois. Cette hausse inclut l’augmentation du Ségur de la Santé, de 183 euros par mois, qui était déjà prévue et touchée par les sages-femmes depuis décembre 2020.

Les sages-femmes qui travaillent à l’hôpital auront droit à une « prime d’exercice médical » de 240 euros par mois à partir de février, suivie d'une augmentation salariale de 78 euros nets à partir de mars. Les sages-femmes territoriales bénéficieront quant à elle uniquement de la revalorisation des grilles salariales.

Un allongement de la durée des études

Le gouvernement a également annoncé qu’une sixième année de formation serait ajoutée aux études des sages-femmes, une mesure qui était demandée depuis des années. Douze nouvelles maisons de naissance devraient être mises en place d’ici la fin du mois de novembre, pour permettre à certaines sages-femmes de réaliser des interruptions volontaires de grossesse instrumentales dans un hôpital.

Enfin, un entretien postnatal précoce pourrait être mis en place. Il permettrait aux futurs parents de parler avec une sage-femme après la naissance de leur enfant, pour revenir sur l’accouchement, être mieux accompagnés et recevoir une aide en cas de dépression post-partum.

Plus de promotions pour les sages-femmes

Enfin, les promotions de carrière devraient être plus importantes, notamment pour les sages-femmes qui travaillent dans les hôpitaux.

« Au moment du Ségur de la Santé, on était passé de 11% à 22% de promus [parmi les personnes pouvant bénéficier d’une promotion] pour 2021. Dans le cadre de l’accord, on va maintenir ce niveau à 22% en 2022, 2023 et 2024 », a affirmé Olivier Véran.

Une instruction sur les questions d’organisation et de travail devrait également paraître d’ici la fin de l’année, et elle portera notamment sur la formation continue, la gestion des RH et la promotion des unités physiologiques au sein des hôpitaux.

Crédit photo : Hervé Senamaud / Le Parisien

Si ces mesures sont une première réussite, elles ne font pas l’unanimité chez les sages-femmes.

« Ce qui bloque, c’est qu’on ne travaille pas sur le fond de la difficulté, à savoir le problème des effectifs en maternité. Donner plus d’argent aux sages-femmes, c’est un progrès. Mais ce n’est pas ce qui va changer la donne. On reste inquiètes sur la qualité de prise en charge : aujourd’hui, on met en danger les femmes et les enfants. Une sage-femme qui va toucher 500 euros de plus, mais qui risque le pépin médico-légal à chaque fois qu’elle est de garde, va préférer un métier moins stressant », a déclaré Caroline Combot, secrétaire adjointe de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes.

Ainsi, le mouvement de grève pourrait continuer malgré l’accord trouvé par le gouvernement.

Source : Le Parisien