En Méditerranée, l'agonie d'une baleine blessée par l'Homme a provoqué la colère de WWF

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Ce vendredi matin, l’association WWF a tiré la sonnette d’alarme sur la situation dramatique d’une baleine amputée de sa queue.

Crédit Photo : Denis Ody / WWF FRANCE

Les images font froid dans le dos.

Le rorqual commun, prénommé Fluker, a été aperçu plusieurs fois dans le sanctuaire marin Pelagos, un espace maritime protégé situé entre l’Italie, Monaco et la France. Cet été, Fluker a également été filmé par une équipe du WWF à bord de son bateau Blue Panda.

Les experts du sanctuaire ont constaté que la nageoire caudale du mammifère marin était à demi amputée. Depuis, le rorqual commun, deuxième plus gros animal au monde après la baleine bleue, a perdu le reste de sa queue. Une situation très embêtante pour la baleine qui utilise sa queue pour se propulser. Sa nageoire caudale lui sert aussi à filtrer l’eau quand elle nage.

La baleine souffre depuis des mois

D’après les dires du sanctuaire Pelagos, une « collision avec un navire ou un enchevêtrement dans un filet » serait à l’origine de cette amputation. 

Aujourd'hui, la baleine « est dans un état de maigreur terrible » et « peut plonger et se nourrir, mais beaucoup plus difficilement que normalement, c'est ce qui explique sa maigreur », a confié Arnaud Gauffier, directeur des programmes de WWF.

Crédit Photo : F. Bassemayousse / WWF France

Le mois dernier, le sanctuaire avait déjà confirmé la présence de Fluker. À cette époque, le rorqual semblait « amaigri » et présentait «  de nombreux parasites  » :

«  Fluker parvenait à se déplacer (environ 100 km par jour), à plonger et se nourrir bien que difficilement. Cet individu, qui a étonné la communauté scientifique pour ses capacités d’adaptation, avait toutefois une chance de survie très faible  », a indiqué jeudi le sanctuaire.

Avant d’ajouter : «  À l’heure actuelle, toute mise à jour et spéculation sur son état de santé sembleraient prématurées  ».

Pour Arnaud Gauffier, «  ce qui est surtout choquant, c’est le fait que des activités humaines aient pu la mettre dans cet état-là  ». Le directeur des programmes de l’ONG requiert la mise en place d'une «  zone maritime particulièrement vulnérable  » en Méditerranée nord-occidentale, une zone très fréquentée.

Selon WWF, 10 à 40 rorquals communs sont tués chaque année suite à une collision mortelle avec les bateaux dans le sanctuaire Pelagos.

L’association réclame un « déploiement de systèmes anti-collision et la mise en place de politiques pour lutter contre les filets de pêche fantôme ».

Source : WWF
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