Un sans-abri parisien reçoit 40 000 euros après la parution d'une photo volée dans le magazine Paris Match

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Le célèbre magazine Paris Match a été condamné à verser 40 000 euros de dédommagements à un SDF, pour avoir utilisé une photo de ce dernier, sans sa permission.

C’est une décision sans précédent !

Un sans-abri parisien de 48 ans a obtenu gain de cause après avoir assigné Paris Match en justice, accusant l’hebdomadaire d’avoir publié une photo de lui, sans son autorisation, à l’occasion de la parution d’une enquête sur le crack.

Un soulagement pour cet homme, après 3 années de procédure judiciaire, racontées par nos confrères du Parisien.

Crédit photo : Ppictures / Shutterstock

Paris Match condamné à verser 40 000 € de dédommagements à un SDF, pour avoir utilisé une photo volée de ce dernier

Tout commence en effet au début de l’année 2018, lorsque des amis l’informent qu’ils ont vu sa tête dans… Paris Match.

Surpris, il fait alors des recherches et découvre qu’il figure sur l’un des clichés utilisés par le magazine pour illustrer un reportage photo consacré aux consommateurs de crack dans le métro parisien.

L’image le montre coiffé d’un bonnet, accompagné de trois compagnons dont les visages sont éclairés par une flamme, dont on suppose qu’elle allume une pipe à crack.

D’autres personnes sont visibles, notamment des policiers (floutés) qui procèdent à des contrôles.

Prise sur le quai de la station Marx-Dormoy (XVIIIe) sur la ligne 12, cette photo volée est assez dure à avaler pour le sans-abri qui souffre en effet d’un problème d’addiction au crack.

Se voir ainsi est douloureux pour lui, d’autant qu’il craint que sa famille, dont une partie réside en Guyane, en soit informée.

Il décide alors de faire retirer l’image et, grâce au soutien d’une connaissance travaillant dans le milieu associatif, parvient à contacter un cabinet d’avocat, qui accepte de le représenter.

En mai 2019, le SDF obtient 10 000 euros en guise de réparations ! De son côté, le magazine est contraint de retirer la photo du site web et de l’application mobile, sous peine d’une astreinte de 2 000 euros par jour de retard.

Pourtant, des semaines plus tard, la photo reste visible sur le site et Paris Match s’expose alors à une nouvelle condamnation.

Celle-ci intervient en décembre 2020 lorsque le sans-abri parisien reçoit 30 000 euros supplémentaires.

Dans son jugement, la première chambre civile du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a notamment rappelé que « chacun dispose, quelles que soient sa notoriété, sa fortune, ses fonctions présentes ou à venir, du droit au respect de sa vie privée et jouit sur son image d’un droit exclusif lui permettant de s’opposer à sa fixation (…) sans autorisation préalable ».

Bien que cette image ait été « captée sur un lieu public (…) ce caractère ne marque pas les bornes de la vie privée et du droit à l’image », a encore précisé le juge.

« C’est une décision exemplaire qui défend avec force le droit à l’image et à la vie privée de tous, y compris de ceux qui vivent dans la misère », s’est pour sa part félicitée l’une des avocates du plaignant.

Source : Le Parisien
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