Abus sexuels : l'ancien footballeur Patrice Evra révèle avoir été victime du principal de son collège quand il avait 13 ans

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L'ancien joueur de Manchester United et de l’équipe de France, Patrice Evra, a révélé qu'il avait été victime d'abus sexuels pendant son adolescence. Auteur d’une grande carrière, l’ancien footballeur s’est ouvert sur ces abus dans sa nouvelle autobiographie, affirmant qu'il était régulièrement molesté dans la maison de son principal à l'âge de 13 ans.

Crédit : ph.FAB / Shutterstock

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Aujourd'hui âgé de 40 ans, il a admis avoir eu honte de ces agissements. Il n'en a jamais parlé à sa mère jusqu'à récemment, mais il a choisi de détailler ses expériences pour faire en sorte que d'autres enfants ne ressentent pas la même chose. « Quand j'ai écrit le livre, je n'ai pas raconté toute l'histoire parce que j'avais encore honte et peur de ce que les gens allaient penser. Maintenant, je veux le dire parce que je ne veux pas que les enfants soient dans ma situation et qu'ils aient honte d'eux-mêmes, qu'ils pensent qu'ils ne sont pas courageux, parce qu'il ne s'agit pas d'être courageux, il s'agit d'être mentalement prêt à en parler. Je veux juste m'assurer que les enfants ont le courage de ne pas se blâmer, parce que je me suis toujours blâmée. Je n'hésite pas à dire que je me suis sentie lâche pendant de nombreuses années parce que je n'ai jamais pris la parole. C'était quelque chose de lourd dans ma poitrine. Mais je ne le fais pas pour moi, je le fais pour les autres enfants » explique Patrice Evra au Times.

Dans son livre intitulé « I Love This Game », Patrice Evra détaille comment tout a démarré lorsqu’il a été hébergé par le principal de son nouveau collège après avoir changé d’établissement scolaire car ce dernier offrait de plus grandes opportunités à un jeune espérant devenir professionnel dans le football. D’abord, l’ancien international tricolore révèle comment, chez lui, dans l'enceinte de l'école, le professeur le laissait jouer à la Nintendo et l’aidait à faire ses devoirs, disant les mots suivants : « je reconnais maintenant qu'il avait essayé de me conditionner ».

Il raconte ensuite les abus sexuels dont il a été victime de la part du principal : « croyant que je m'étais endormi, il mettait ses mains sous ma couverture de lit et essayait de me toucher. Je savais que ce qu'il faisait était mal, alors j'ai essayé de le repousser et de le frapper. J'étais fort, j'avais aussi peur, mais je ne pouvais pas lui montrer ma peur. Cela pouvait durer 10 ou 15 minutes, comme un combat. Il ne plaisantait pas, il y allait à fond pour essayer de m'enlever mon pantalon. Aucun mot n'a été prononcé dans l'obscurité, mais il se touchait et était excité sexuellement par ce qui se passait. La dernière nuit chez cet homme, alors qu'il savait que je retournais dans ma famille, il a finalement réussi : Il a mis mon pénis dans sa bouche. Je n'ai rien dit à personne. J'avais trop honte pour en parler à ma mère et je ne savais pas si quelqu'un d'autre me croirait. Jusqu'à présent, je n'ai raconté l'histoire complète à personne. »

Crédit : Hugo Sport Éditions

Trouver la force de parler des abus sexuels

Lorsque Patrice Evra avait 24 ans, lors de son passage dans le club de Ligue 1 de Monaco, avec lequel il a atteint la première de ses quatre finales de Ligue des champions, il a reçu un appel de la police au sujet d'accusations portées par les enfants contre le principal. Mais là encore, pris par la honte et par le véritable raz-de-marée que pourraient représenter de telles déclarations, il a refusé de donner toute confirmation. Aujourd'hui, l’ancien footballeur passé notamment par la Juventus de Turin et l’Olympique de Marseille raconte son histoire sans tabou et sans détour. Il confie que c’est grâce au soutien et à l’encouragement de sa fiancée, Margaux Alexandra, qui a pu trouver la force d’enfin raconter son histoire et les abus sexuels dont il a été victime.

Cependant, avant de publier son livre, il savait qu'il devait en parler à sa mère, et s'est rendu à Paris début octobre pour lui parler de ce qu'il s'apprêtait à dire. À ce propos, il a expliqué : « forcément, elle était dévastée. C'était difficile pour elle. Elle avait compris que quelque chose n'allait pas quand je lui avais dit que je ne voulais plus dormir chez le principal. Mais j'ai attendu d'avoir 40 ans pour lui en parler. C’était un choc pour elle. Beaucoup de colère. Elle m'a dit qu'elle était désolée. De ne pas mettre ça dans le livre, que c'était privé. Mais quand je lui ai répondu que je ne le faisais pas pour moi mais pour les autres enfants, elle a compris. »

Source : The Times