Au Brésil, la crise sanitaire du Covid-19 accélère de façon alarmante la déforestation

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Si la pandémie mondiale du coronavirus ralenti considérablement l’économie, elle n’a malheureusement pas eu le même effet pour la déforestation. Les scientifiques et les défenseurs de l’environnement l’affirment : l’année 2020 risque d’être la plus dévastatrice de tous les temps pour la forêt amazonienne.

Crédit : Brent Stirton

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Le phénomène fait rage dans le monde entier mais c’est au Brésil que la situation est la plus alarmante. Les données officielles rendues publiques le 12 juin dernier montre notamment les pires chiffres de l’Histoire pour les premiers mois de l’année, et particulièrement pour mai. Pire encore que 2019 alors que de nombreux incendies d’ampleur exceptionnelle avaient frappé la planète.

Selon le rapport de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), basé sur des images satellites, 829 km² de forêt amazonienne ont été déboisés en mai, soit 12 % de plus que l'an dernier, un record depuis 2015 et le début de cette méthode de calcul. En 2020, ce sont pour l’instant plus de 2 000 km², soit 34 % de plus que sur la même période de 2019 qui ont disparu. Ce constat est d’autant plus inquiétant que la saison sèche, habituellement la plus dure, ne fait que commencer. « Nous sommes face à un scénario de catastrophe totale pour l'Amazonie » a déclaré Mariana Napolitano, directrice scientifique du département Brésil du Fonds mondial pour la nature (WWF).

En d’autres termes, c’est la preuve que cette période de crise sanitaire que nous traversons accélère la déforestation et rend la protection de l’environnement plus difficile. Et on ne peut pas dire que les autorités locales font tout ce qui est en leur pouvoir pour remédier au problème, en réalité c’est même le contraire.

Crédit : Alistair Jones

Par exemple, plusieurs sources écologistes accusent le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro de profiter de la pandémie de Covid-19 pour favoriser la déforestation. Il serait notamment prêt à légaliser les forages miniers et l’agriculture dans des zones naturelles pourtant protégées. Le même dirigeant qui avait il y a quelques semaines encouragé les Brésiliens à faire comme si le virus n’existait pas (le pays compte déjà plus de 40 000 morts). Autre épisode, fin avril, lorsque Ricardo Salles, ministre de l’Environnement du Brésil, avait dit vouloir « profiter du fait que la presse soit focalisée sur le coronavirus pour passer des réformes et assouplir les règles liées à la protection de l'Amazonie. » Des positions choquantes qui n’étonnent pas Cristiane Mazzetti, membre de Greenpeace : « Le gouvernement a déjà montré son mépris total de l'environnement et de la vie des Brésiliens. »

Nul doute qu’il y a encore du boulot pour que notre planète aille mieux.

Source : Le Parisien
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