À Nice, une femme a porté plainte pour viol. Mais alors qu’elle expliquait ce qu’il s’était passé à une policière, cette dernière a eu des propos insultants et culpabilisants à son égard.
Le 24 janvier 2022, une jeune femme s’est rendue au commissariat de Nice pour porter plainte pour viol contre son voisin. Celui-ci aurait sonné chez elle en prétextant avoir besoin de sucre et l’aurait forcée à lui faire une fellation. Par le passé, les deux personnes auraient vécu une brève histoire alors que la femme était en couple, et la victime aurait rapidement mis fin à cette relation.
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Au commissariat, la plaignante s’est confiée à une policière qui était affectée au sein d’une unité dédiée aux violences intrafamiliales. Cependant, cette dernière a tenu des propos très déplacés. Malheureusement, certaines plaintes dans les postes de police ne se passent pas toujours bien pour les victimes. C'est le cas de cette femme qui a voulu porter plainte contre son ex-violent mais qui a essuyé un refus de la police, ou encore de cette autre femme qui s'est fait violer au commissariat alors qu'elle venait porter plainte pour violences conjugales.
La réponse de la policière
À Nice, la policière a insisté sur le fait que la victime ne s’était pas débattue face à son agresseur.
“Comment expliquez-vous que vous n'ayez pas eu de réaction envers lui, ni à vous défendre ni à vous débattre ?” a-t-elle demandé, selon des propos rapportés par Le Parisien.
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En plus de cela, la policière a lourdement insisté sur le fait que la plaignante avait trompé son compagnon avec ce voisin, avec qui elle avait eu deux rapports sexuels.
“Mais lors de ces deux rapports sexuels, c’est vous qui trompez votre copain avec votre voisin, vous le trouviez mignon à l’époque, vous traversiez une période difficile dans votre couple, vous aviez eu ces deux rapports, puis vous aviez décidé d’arrêter car vous étiez avec votre copain. Qu’est-ce qui nous prouve que vous auriez eu cette fellation forcée au sein de votre domicile, sachant que vous ne témoignez aucune réaction pour vous défendre ? Est-ce que vous avez pris du plaisir lors des rapports sexuels que vous avez éprouvés avec lui ?” a demandé la policière.
Des propos “insultants et inadmissibles”
Mais elle est allée encore plus loin. Trois jours plus tard, la policière a interrogé le petit ami de la plaignante.
“Est-ce qu’elle est du genre timide, à se laisser contrôler dans l’acte sexuel, ou aors qu’est-ce qu’elle est du genre à contrôler les choses, entrepreneuse, à en être une petite cochonne ?” a-t-elle demandé.
Indignée, la victime a finalement saisi la Défenseure des droits, Claire Hédon, dénonçant des propos “déplacés et culpabilisants”. Cette dernière a rendu son rapport le 30 mars dernier, affirmant que les mots employés par la policière étaient d’une “familiarité excessive, insultants et inadmissibles”. Elle a également dénoncé l’utilisation de “stéréotypes sexistes” et affirme que la policière n’a pas respecté la loi, a manqué de discernement et d’empathie et a fait preuve d’un “défaut d’attention due aux victimes”.
La Défenseure des droits a saisi le ministre de l’Intérieur et réclame une procédure disciplinaire à l’encontre de la policière.
