Ce jeudi 2 avril, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a tourné au pugilat verbal entre Xavier Niel, actionnaire du groupe Mediawan, et le rapporteur Charles Alloncle.
Après avoir été annulée à la dernière minute fin février en raison de l’absence du patron de Free, l’audition des actionnaires de Mediawan Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Jérôme Nommé a finalement eu lieu ce jeudi 2 avril.
En quelques secondes, le décor était planté : l’après-midi d’audition allait se dérouler à couteaux tirés. Pris à partie, le milliardaire Xavier Niel a violemment dénoncé les méthodes du rapporteur Charles Alloncle, accusé de relayer des "fake news", allant jusqu’à qualifier la commission d’enquête sur l’audiovisuel public de "cirque" dans un échange particulièrement tendu.
"Exiger la transparence sur l’usage de l’argent des Français est nécessaire mais je pense qu’il était possible de le faire, M. le rapporteur Charles-Henri Alloncle, sans transformer votre commission en cirque : merci pour votre invitation, mais je ne suis pas un clown"
Crédit photo : Capture d'écran LCP Sénat
Xavier Niel se moque de la commission parlementaire
Il accuse notamment la commission sur l’audiovisuel public de coûter très cher aux Français, entre le salaire des députés et le budget alloué à l’organisation et la tenue de des auditions. S’agaçant de la « perte de temps » qu’occasionnent, les séances de la commission d’enquête, le patron de Free lance en direction de son rapporteur Charles Alloncle :
« Monsieur le rapporteur, vous coûtez 11.000 euros par mois aux Français. Ça a coûté des fortunes aux Français, des dizaines de millions d’euros que les Français doivent débourser pour préparer ces commissions. Ça fait cher l’émission ! Vous auriez dû la confier à Mediawan, ça aurait coûté bien moins cher. »
Crédit photo : Capture d'écran LCP Sénat
La veille, un échange très tendu avait opposé M. Alloncle à l’animateur-producteur Nagui. Avant cela, de nombreux incidents avaient déjà émaillé la commission d’enquête, créée à la demande de l’UDR d’Éric Ciotti, parti allié du Rassemblement national qui prône la privatisation de l’audiovisuel public. Ses auditions doivent s’achever le 8 avril et elles n’ont pas fini de faire couler de l’encre.
