Adèle Haenel : César, Roman Polanski, Gérald Darmanin, l'actrice se confie sans langue de bois

Huit mois après sa sortie fracassante et remarquée des César, Adèle Haenel évoque pour la première fois son geste mais aussi une ribambelle de sujets comme le féminisme moderne et les causes qui lui tiennent à cœur.

Crédit : Mike Coppola/ AFP

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Invitée ce lundi 28 septembre sur France Inter dans l’émission Boomerang, Adèle Haenel s’est confiée à Augustin Trapenard sur une multitude de sujets agitant notre société. « J’ai l’impression que cela donne des images à des gens qui, finalement, en manquent », déclare Adèle Haenel au sujet de sa sortie des César en février dernier. Celle qui avait beaucoup fait parler pour son geste reconnaît néanmoins que « cela a fait chaud au cœur à beaucoup de militants et militantes. Et cela participe à la mécanique de soulèvement », ajoutant au passage avoir été « très touchée dont les militantes et les militants se sont emparés du texte de Virginie Despentes [Désormais, on se lève et on se barre, ndlr] ».

Sans revenir sur les accusations de harcèlements sexuels à l’encontre du réalisateur Christophe Ruggia (des faits qui se sont produits il y a quinze ans), l’actrice s’est adressée au cas épineux de Polanski aux César. Il y a quelques jours, on apprenait que le réalisateur de J’Accuse était toujours membre de l’Académie des César de par son statut de « membre historique ». Et c’est tout en sobriété que l’actrice césarisée a répondu à son interlocuteur : « Je me suis dit : ‘Quel vieux truc’ ». La présence du réalisateur polonais à l’Académie avait provoqué une autre vague d’indignation de la part des professionnels du cinéma.

La nomination de Gérald Darmanin « très problématique »

Autour de tout ce tumulte et des nombreuses réactions suite à son geste médiatisé, Adèle Haenel se sent soutenue : « [...] ils et elles me redonnent de la force ». En ayant choisi d’évoquer publiquement le harcèlement sexuel dont elle a été victime, auprès de Médiapart en novembre 2019, Haenel explique que cette décision était d’abord « une question de survie ». Saluée et soutenue pour son témoignage courageux, l’actrice explique que « cela a été rendu possible par les différentes rencontres [qu’elle] a faites, qui [lui] ont donné du courage et qui font [qu’elle] ne [se] sen[t] pas seule ».

Par ailleurs, le regain de mobilisation dans la société française provoque chez elle un réel enthousiasme, comme elle le confie : « Il y a beaucoup de choses qui se passent dans la société française, un vrai dynamisme de la part des populations mobilisées, qui est assez enthousiasmant. Et j’ai envie de faire partie de ce peuple-là », conclut-elle.

Après avoir parlé haut et fort de sa propre expérience, l’actrice souhaiterait désormais mener d’autres combats « [...] c’était évident que je pouvais m’intéresser aux autres, que je pouvais sincèrement me lier à d’autres combats », raconte celle qui se bat contre les violences policières et racistes aux côtés de l’actrice Aïssa Maïga.

Au cours de son interview, l’actrice n’a pas manqué de tacler Gérald Darmanin et sa nomination au poste de ministre de l’Intérieur, « très problématique ». Haenel indique qu’il s’agit d’un « vrai pied de nez. C’est une insulte à une partie de la population qui s’est soulevée dans le sens de l’humanisme. C’est ça que je trouve choquant par cette nomination », s’exclame-t-elle.

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