Après avoir remporté le César de la Meilleure Révélation masculine en 2025 pour son interprétation remarquée dans L'Histoire de Souleymane de Boris Lojkine, Abou Sangaré se heurte depuis à une cruelle absence de propositions de rôles. Une situation qu'il déplore.
Une expérience de cinéma aboutissant à un sentiment de profonde amertume.
Un rôle marquant récompensé aux César
L'histoire d'Abou Sangaré avait ému autant que le film de Boris Lojkine, L'Histoire de Souleymane, qui avait permis de révéler en 2024 ce talent hors normes, lauréat du Prix d'interprétation masculine au 77e Festival de Cannes, puis du César de la Meilleure Révélation masculine lors de la 50e Cérémonie des César.
L'Histoire de Souleymane, qui a remporté pas moins de quatre César, relate 48 heures capitales de la vie d'un livreur guinéen demandant le droit d'asile en France. Un long-métrage important, intrinsèquement lié à son interprète principal, Abou Sangaré.
Celui-ci, ayant quitté sa Guinée d'origine afin de trouver du travail dans le but d'aider sa mère gravement malade, a comme son personnage demandé une régularisation de sa situation sur le sol français, avant de faire l'objet d'une OQTF.
Mécanicien de formation, Abou Sangaré a fait avec L'Histoire de Souleymane ses premiers pas au cinéma. Des premiers pas plus que remarqués, couronnés par le monde du 7e art, en particulier par les César.
L’acteur travaille aujourd’hui sur un chantier
En dépit de la reconnaissance du milieu, le jeune homme, qui a reçu au début de l'année 2025 un titre de séjour valable un an, n'a plus tourné depuis. N'ayant jamais cessé de travailler en parallèle de son incursion cinématographique, Abou Sangaré se heurte aujourd'hui à une impression d'abandon après son sacre.
Ce jeudi 12 mars, l’acteur de 24 ans a publié une vidéo sur Instagram depuis le chantier où il travaille, montrant ainsi sa réalité loin des plateaux de cinéma.
La suite après cette vidéo«Voilà, ce que je fais comme travail (…) Comme vous voyez je casse tout », explique-t-il.
Ce n’est pas la première fois que le jeune homme prend la parole à ce sujet. Dans une publication publiée le vendredi 27 février 2026, au lendemain de la cérémonie des César, il a critiqué la logique du système du cinéma français.
« Les César adorent produire des figures symboliques utilisées comme caution progressiste. Iels se félicitent d'avoir osé. Mais derrière, le pouvoir reste au même endroit. Les financements circulent entre les mêmes producteurs, les castings passent par les mêmes agents », a-t-il écrit.
Avant d’ajouter :
« Le cinéma français aime raconter les marges ! Il les filme et les récompense, mais ne les laissera jamais accéder au centre ».
Des propos qui méritent réflexion !
