En détournant l'insulte “homme soja”, Sojasun trolle les masculinistes en leur proposant d'incarner «Sojaman»

Dans sa dernière campagne de pub, Sojasun a pris un malin plaisir à troller les masculinistes qui estiment que le soja serait “pour les faibles”. La marque a proposé à certains d’être leur égérie, en se servant finalement de leurs réactions.

Garder ses amis près de soi, et ses ennemis encore plus proches ! Cette réplique digne du Parrain fonctionne aussi en marketing, comme vient de l'illustrer la société Sojasun. La marque agroalimentaire française commercialise des produits à base de soja en grande distribution. Or, le soja est considéré comme un produit “pour les faibles” selon une frange d’influenceurs qui ne jurent que par la viande.

D’ailleurs, l’expression “homme-soja” est devenue une insulte ces dernières années, rabaissant les hommes qui consomment du soja. Rien que ça ! En France ce terme a notamment été popularisé par toute une sphère d'influenceurs accros au muscle et à la viande.

Dans l'esprit fermé des masculinistes, un homme-soja c'est avant tout un végétarien. Quelqu'un qui refuse la consommation de viande, et se reporte donc sur des protéines végétales comme le soja. Mais par extension, et alors que cette expression est devenue plus politique, elle désigne aussi des hommes incarnant une gauche progressiste.

La publicité SojasunCrédit photo : Sojasun

Cette vision étriquée de la société, Sojasun a décidé de la tourner en dérision dans sa dernière campagne publicitaire. Ce lundi 18 mai, la marque a partagé sur Instagram et Youtube une vidéo comptant à ce jour plusieurs millions de vues.

Dans cette publicité, Sojasun raconte avoir proposé à plusieurs de ces influenceurs masculinistes de devenir leur égérie. Et ce en incarnant une nouvelle mascotte nommée "Sojaman". Littéralement donc, un homme-soja. Pour aller plus loin, ils ont même créé le costume.

Bien évidemment, l’invitation a été prise pour une insulte par la majorité d’entre eux, qui ne se sont pas gênés d’en parler sur leurs réseaux sociaux pour se moquer de la marque :

"C'est la collab la plus éclatée au sol que j'ai jamais vue"

"Ils veulent que je devienne une égérie homme-soja"

"Vous pensez vraiment que je veux représenter les gens qui bouffent de ça ?"

La suite après cette vidéo

Pourtant cette nouvelle mascotte correspond parfaitement à l'idée que ces personnes ont de ce que devrait être un "vrai homme". Un super-héros hyper musclé, qui fait des pompes et dégouline de testostérone... Le problème, c’est qu’il mange du soja.

Sojaman, le superhéros de SojasunCrédit photo : Sojasun

Le soja, un produit riche en protéines contrairement à la croyance masculiniste

Derrière cette mise en scène, Sojasun cherchait surtout à démontrer que le soja est une denrée aux multiples vertus, qui est notamment ultra-riche en protéines. Alors que les produits à base de protéines sont justement très tendance en ce moment en grande distribution, Sojasun met d'ailleurs en avant son "skyr végétal" fait à partir de lait de soja. Lequel compte 7 grammes de protéines pour 100 grammes, là où un HiPro par exemple en compte 9 grammes.

Sojaman, le superhéros de SojasunCrédit photo : Sojasun

D'une certaine manière, l'idée est de montrer qu'il est tout à fait possible de se muscler et devenir "viril" en mangeant du soja. Et donc de tourner au ridicule la conception que les masculinistes se font de cet aliment, qu'ils estiment être fait "pour les faibles".

"Nous détester, c'est la meilleure pub qu'ils pouvaient nous faire"

Cette campagne imaginée par l'agence de pub Marcel arrive donc à informer sur l'aspect nutritionnel du soja, avec humour et dérision. Et le moins que l'on puisse dire est que cela a marché. Sur Instagram, la publicité a engrangé plus de 100 000 likes et d'innombrables commentaires louant "l'idée de génie" de ce détournement.

"C'est le meilleur spot pub de tous les temps".

Reste à voir si cette campagne réussie peut amener à booster les ventes de Sojasun et d'autres marques de produits transformés à base de soja. L'année dernière, un rapport de l'Anses avait effectivement alerté sur le fait que les aliments transformés à base de soja contiennent trop d'isoflavones, une substance aux effets pouvant être nocifs.

Jérémy Birien

Au sujet de l'auteur :

Journaliste et expert des médias digitaux avec plus de 15 ans d'expérience, Jeremy Birien collabore avec la rédaction de Demotivateur depuis plus de 10 ans. Diplômé de l'ISFJ avec un Master en Journalisme (Bac +5), il a forgé son expertise au sein de médias leaders tels que Melty et Jellysmack. Spécialiste des nouveaux formats d’information et ambassadeur voyage, il apporte son regard acéré et sa rigueur éditoriale pour décrypter l'actualité, les tendances de société et l'évasion. Son parcours académique et sa maîtrise historique de la ligne éditoriale de Demotivateur.