Un athlète dopé bat un record du monde dans une compétition où le dopage est autorisé... et gagne 1 million de dollars

Fortement décriés, les Enhanced Games autorisent la prise de substances illicites lors de ses courses. Ce week-end, un seul record du monde a été battu en natation, rapportant à son gagnant un million de dollars.

Les Enhanced Games, la compétition où le dopage est autorisé

Roland-Garros a commencé ce week-end. Mais au même moment se déroulaient les Enhanced Games, une compétition où le dopage est autorisé. C’est donc à Las Vegas qu’une quarantaine d’athlètes professionnels se sont réunis pour s’affronter. Avec à la clé, 250 000 dollars pour le gagnant d’une épreuve et une prime d’un million de dollars pour les athlètes qui battent un record du monde.

C’est d’ailleurs ce qu’a remporté le nageur grec Kristian Gkolomeev au 50 m nage libre en 20 sec 81.

« Ça va changer ma vie en bien, c’est certain. C’est une aide précieuse pour moi et ma famille. J’ai fait une très bonne course. J’ai fait une petite erreur au départ. J’ai eu un peu le trac, mais ensuite j’ai bien nagé, alors j’ai réussi », a déclaré le nageur.

Il bat ainsi le record du monde de Cameron McEvoy établi le 20 mars dernier à Shenzhen, en Chine. L’Australien a nagé en 20 sec 88, soit 0,07 centièmes de plus que le Grec. Cependant, contrairement à Cameron McEvoy, le « record » de Kristian Gkolomeev ne sera jamais homologué par les instances officielles.

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Un mauvais exemple pour les futurs athlètes

Kristian Gkolomeev lors des Enhanced GamesCrédit photo : AFP

Les athlètes qui concourent aux Enhanced Games sont autorisés à prendre des produits dopants tels que la testostérone, des hormones de croissances, des peptides, des stéroïdes, des anabolisants et autres substances. La prise de substances reste encadrée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Pour rappel, elles sont interdites dans les compétitions officielles comme les Jeux olympiques.

Cette compétition polémique suscite de nombreuses critiques. Pour Travis Tygart, PDG de l’Agence américaine antidopage (USADA), c’est un très mauvais exemple :

« Nous ne voulons pas que les jeunes se disent : "Pour gagner une médaille olympique, quand j'aurai 18 ou 20 ans, je devrai m'injecter tous les jours dans les fesses une substance potentiellement dangereuse." »

De ce fait, il rappelle qu’« il n’est pas nécessaire de subir des pressions ou de se doper pour être le meilleur. » Cela dit, vu le pactole récolté, il n’est pas certain que des athlètes empruntent la voie de l’éthique. Ainsi, Kristian Gkolomeev a déjà déclaré qu’il serait prêt à revenir si une deuxième édition des Enhanced Games voyait le jour : « Je vais continuer. Peut-être que l'année prochaine, je battrai [mon record] à nouveau. »

Enfin, notons que quatre athlètes seulement ont déclaré ne pas avoir utilisé de produits dopants. Trois d’entre eux (les sprinters Fred Kerley et Tristan Evelyn ainsi que le nageur Hunter Armstrong) ont d’ailleurs remporté leurs courses.

Camille V.

Au sujet de l'auteur :

Titulaire d'un Master en Communication/Cinéma, Camille V. est journaliste spécialisée dans les intersections entre culture et écologie. Auteure d’un mémoire remarqué sur la Cli-fi (Climate Fiction) au cinéma, elle décrypte pour Demotivateur l'actualité du divertissement (films et séries) sous un angle sociétal et environnemental. Passionnée par l'art et la protection animale, elle apporte une expertise académique et critique à la rédaction de ses dossiers.