Une enseignante a été condamnée pour détournement de mineur après avoir... « éveillé les pulsions sexuelles » d'un de ses élèves qui lui faisait des avances. Précisons.
L'affaire est aussi grave que complexe.
Une professeure de sciences appliquées, qui enseignait dans un établissement de l'Hérault, a été condamnée à de la prison avec sursis pour détournement de mineurs. Accusée d'avoir « éveillé les pulsions sexuelles » d'un élève avec un message explicite, l'enseignante s'est justifiée en expliquant qu'elle voulait « le choquer » et « le faire réagir », car ce dernier lui aurait fait des avances
Jugés le 19 mars, les faits ont eu lieu dans un lycée de Béziers et remontent à l'automne dernier.
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Une enseignante biterroise condamnée pour détournement de mineur
L'affaire éclate le 1ᵉʳ octobre 2025 lorsque l'aîné d'une fratrie découvre, avec stupeur, un message à caractère pornographique, envoyé par une professeure, sur le téléphone portable de son petit-frère, âgé de 16 ans. Sans équivoque, ce SMS évoque notamment un « rêve » de rapport sexuel et de « fellation ».
« J’ai fait un rêve, j’ai 18 ans et nous pouvons coucher ensemble, avoir plusieurs relations. Je te faisais une fellation »
Le jeune homme signale alors ce message, aussi grave qu'inapproprié, en contactant le 119. Mis en place en 1997, ce numéro d'urgence est un service dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être, ainsi qu’aux adultes confrontés ou préoccupés par une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être.
Suite à ce signalement, l'enseignante est suspendue sans réelles explications le 20 novembre 2025, tout en conservant son salaire.
Comme l'expliquent nos confrères du Midi Libre, « la situation perdurera jusqu’à ce jeudi 19 mars », date à laquelle la professeure a été jugée par le tribunal de Béziers.
Durant son audience, l'accusée a expliqué avoir envoyé le message à son élève « pour le calmer en le choquant », en espérant ainsi qu'il cesse de lui faire des avances. Une défense plus que douteuse - pour ne pas dire inaudible - que n'a, du reste, pas cherché à minimiser son avocate. Cette dernière a néanmoins tenté d'apporter quelques éléments de contexte.
« Elle était désemparée face à l’attitude de son élève. Elle n’a pas su dire à sa hiérarchie : 'Cet élève me fait des avances, il est dans la séduction'. Et elle a eu le tort de lui envoyer des messages. Elle le paye très cher », a en effet déclaré Me Victoria Banes.
Et d'ajouter : « Oui, ma cliente n’aurait jamais dû envoyer de tels propos. Mais elle était désemparée face au comportement de son élève. Elle lui a demandé s’il était consentant pour recevoir des messages de sa part et elle lui a écrit pour le provoquer. Pour qu’il cesse ses agissements. Elle n’a jamais voulu corrompre ce jeune ».
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Peu convaincu, le tribunal a estimé que l’enseignante - qui avait également mené un module d’enseignement sur la sexualité dans la classe de sa victime – aurait, par ces mots, « éveillé les pulsions sexuelles de ce mineur ».
Reconnue coupable, elle a finalement écopé de 12 mois de prison avec sursis probatoire pour détournement de mineur. Le tribunal lui a, en outre, infligé une interdiction de toute activité en contact avec les mineurs pour une durée de trois ans, avec exécution provisoire. Sa condamnation figurera sur son casier judiciaire.
La professeure a par ailleurs été sanctionnée par l'Éducation nationale et ne pourra plus jamais enseigner,
