Une association recommande de faire attention lorsque vous faites vos courses et pensez acheter des produits sains. Ils ne sont pas aussi bons pour la santé qu'ils le laissent suggérer.
Des produits sains en apparence qui sont en réalité ultra-transformés
Les Français font de plus en plus attention à leur alimentation. Et cela passe par la consommation de produits sains. Cependant, ces produits ne seraient sains qu'en apparence, alerte une enquête publiée le 7 avril 2026 par l'association Foodwatch.
Ils sont les stars de leur rayon et de votre assiette : skyr, muesli, guacamole, lait d'amande ou encore carottes râpées. Avec ces aliments, c'est la garantie de manger sain et équilibré. Sauf qu'ils renferment en réalité des additifs et des ingrédients ultra-transformés, prévient l'enquête de Foodwatch qui a épinglé dix produits du quotidien commercialisés sous l'étiquette « bons pour la santé ».
Dans Bonjour ! La Matinale TF1, la journaliste Maud Descamps compare un skyr nature et un skyr aromatisé. Dans le premier, rien à signaler : « il y a juste du lait maigre, des ferments lactiques ». En revanche, la composition change énormément dès qu'on y ajoute des arômes : « Regardez la liste des ingrédients, douze ingrédients, du sucre, amidon de maïs, épaississant, arôme naturel [...] ». Même constat alarmant pour les carottes râpées. Douze ingrédients sur l'étiquette quand il ne faut qu'un peu d'huile et des carottes pour une recette maison.
Marketing trompeur et allégations santé trompeuses

De ce fait, Foodwatch dénonce un marketing trompeur de la part des fabricants. Les fameuses phrases prometteuses : « sans sucre ajouté », « riche en protéines » ou « 0% de matière grasse », souligne RTL. Pourtant, c'est bien là qu'il faut être vigilant. Ces appellations cachent souvent des produits ultra-transformés avec des additifs nocifs pour la santé.
Selon l'association Foodwatch, plus de 100 études scientifiques publiées dans la revue The Lancet montrent une association significative entre la consommation d'aliments ultra-transformés et un risque accru de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de surpoids, d'obésité ou encore de symptômes dépressifs. Les chercheurs de l'Inserm ayant participé à ces recherches soulignent que ces effets ne s'expliquent pas uniquement par le profil nutritionnel mais aussi par la structure physique modifiée des aliments, la présence d'additifs et d'ingrédients industriels, et leurs impacts sur le microbiote intestinal.
Lire attentivement les étiquettes
Face à ces publicités mensongères, Foodwatch tire la sonnette d'alarme et demande un étiquetage plus clair pour les consommateurs. En attendant que les choses changent, les experts conseillent de regarder l'étiquette des ingrédients. S'il y a plus de cinq ingrédients, le produit est ultra-transformé. Il en est de même lorsqu'il y a des noms d'additifs difficiles à prononcer commençant par 'E'.
Ces additifs — épaississants, agents de texture, conservateurs, colorants — sont rarement utilisés dans une cuisine domestique. Ils constituent des marqueurs clairs de l'ultra-transformation. Selon l'Institut National de la Consommation (INC), la présence d'un seul de ces marqueurs dans un produit en fait un aliment ultra-transformé.
L'ampleur du problème en France
Aujourd'hui, on estime que plus de 60% des produits emballés vendus en supermarché sont ultra-transformés. Ces produits représentent entre 30 et 35% des calories consommées chaque jour par les adultes en France, selon Santé publique France. Chez les enfants, cette proportion atteint près de 50%, soulignant une problématique de santé publique majeure.
Cette omniprésence s'explique par la rentabilité économique de ces aliments pour l'industrie agroalimentaire : faibles coûts de fabrication à partir de matières premières bon marché, excellente durée de conservation et stratégies marketing agressives qui les rendent irrésistibles aux consommateurs.
L'enquête de Foodwatch n'est qu'un des signaux d'alerte croissants concernant la qualité de notre alimentation. Prendre conscience de cette réalité et diversifier ses sources d'approvisionnement — en favorisant les produits bruts et la cuisine maison — reste une stratégie essentielle pour préserver sa santé à long terme.
