Condamné à mort pour un meurtre qu'il n'a pas commis, il est gracié juste avant son exécution mais doit tout de même... rester en prison

Un détenu innocent mais condamné à mort a échappé à la sentence suprême dans l'Alabama (États-Unis), suite à une grâce accordée par la gouverneure de cet État américain conservateur.

Le soulagement après avoir traversé le tunnel de la mort.

Condamné à la peine capitale pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Charles « Sonny » Burton, un détenu américain de 75 ans, a finalement été gracié ce mardi 10 mars en Alabama aux États-Unis, quelques instants seulement avant son exécution.

Malgré cette grâce rarissime, le septuagénaire devra toutefois rester en prison.

Partisans de Sonny Burton, manifestant devant le siège du gouvernement de l'Alabama, aux États-UnisCrédit photo : DR

Condamné à mort malgré son innocence, il échappe in extremis à l'exécution

« Sonny » Burton aurait dû recevoir une injection létale ce jeudi 11 mars, mais la gouverneure républicaine de l'État de l'Alabama, Kay Ivey, en a décidé autrement, en commuant sa peine. Ce n'est que la seconde fois, depuis sa prise de fonction en 2017, que cette dernière accorde sa clémence à un détenu condamné à mort.

Jugé en 1992 pour un meurtre par balle, commis en marge d'un braquage auquel il avait participé, Burton avait été reconnu coupable alors même qu'il était absent au moment des faits. Si l'enquête, menée à l'époque, avait prouvé que l'accusé était bien présent lors de ce cambriolage, survenu dans une boutique en 1991, celle-ci avait en revanche démontré que ce n'est pas lui qui avait abattu la victime, âgée de 34 ans. Le tireur était en effet un certain Derrick DeBruce, qui n'était autre que le complice de Burton, lors de ce braquage ayant mal tourné.

En dépit de son innocence, Charles Burton avait néanmoins été condamné à mort, en vertu d’un principe juridique connu aux États-Unis sous le nom de « meurtre concomitant d’un crime ». Une sentence que ses proches ont toujours considérée comme injuste, d'autant que le véritable meurtrier n'avait écopé, lui, « que »... d'une peine de prison à vie.

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Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes réclamaient, en vain, une grâce de l'État de l'Alabama, dénonçant une peine disproportionnée. Parmi les soutiens de Charles Burton, figuraient notamment des membres du jury qui avaient jugé l'affaire au début des années 1990, mais aussi la propre fille de la victime du meurtre. 

Charles Crédit photo : DR

Après un long combat, les partisans du détenu, qui se déplace aujourd'hui en fauteuil roulant (photo ci-dessus) ont finalement obtenu justice, grâce à cette décision de la gouverneure Key.

« Il serait injuste, à mon sens, qu’un complice de ce crime soit exécuté alors que celui qui a tiré ne l’est pas » (Kay Ivey, gouverneure de l'État de l'Alabama)

En revanche, les chances de voir un jour Charles Burton regoûter à la liberté sont quasiment nulles car sa peine a simplement été commuée en prison à vie.

« Il est clair que M. Burton ne pourra pas bénéficier d’une libération conditionnelle et purgera à juste titre le reste de sa vie en prison pour son rôle dans le vol qui a entraîné le meurtre (...) Il recevra désormais la même peine que le tireur », a ainsi précisé Kay Ivey dans un communiqué.

La clémence a ses limites, la justice également...

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Au sujet de l'auteur :

Évoluant dans la presse web depuis l’époque où celle-ci n’en était encore qu’à ses balbutiements, Mathieu est un journaliste autodidacte et l’un de nos principaux rédacteurs. Naviguant entre les news généralistes et les contenus plus décalés, sa plume s’efforce d’innover dans la forme sans jamais sacrifier le fond. Au-delà de l’actualité, son travail s’intéresse autant à l’histoire qu’aux questions environnementales et témoigne d’une certaine sensibilité à la cause animale.