Roland-Garros : pourquoi le Français Moïse Kouamé ne pourra pas toucher son prize money de 187 000 euros ?

Cet après-midi, le public du court Suzanne Lenglen de Roland-Garros a vibré devant le match titanesque de Moïse Kouamé, qualifié pour le troisième tour. À 17 ans, le Français signe un exploit majeur qui fait date et qui lui permettra de toucher un gain conséquent, dont il ne pourra pas profiter dès maintenant.

Malgré la canicule, Roland-Garros bat son plein cette semaine à Porte d’Auteuil, à Paris. Ce jeudi 28 mai, le public du court Suzanne Lenglen a assisté à un moment historique grâce à la performance de Moïse Kouamé. Le tennisman français, plus jeune joueur du top 1000 mondial, dispute son premier grand chelem à l’âge de 17 ans. Face à Adolfo Daniel Vallejo, il s’est imposé en cinq sets (6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6) après avoir été mené 5-2 dans le dernier set.

Sous les 40 °C et les viva du public, au bout de 4h56 de jeu, Moïse Kouamé s’est effondré de fatigue et d’émotion sur la terre battue. Alors que le tennis français déçoit souvent, voire systématiquement, à Roland-Garros, le jeune homme originaire de Sarcelles a apporté une tornade de fraîcheur.

Au-delà de la victoire, Moïse Kouamé est devenu le plus jeune joueur à accéder au 3ème tour de Roland-Garros depuis un certain Rafael Nadal en 2005. Historique !

Loin de nous l’idée d'oser toute comparaison avec la légende espagnole, le Français entraîné par Richard Gasquet confirme tout le potentiel entrevu depuis ses débuts sur le circuit professionnel cette année. Et qui dit qualification dit prize money !

Avec cette qualification pour le troisième tour de Roland-Garros, Moïse Kouame est assuré de repartir avec au moins 187 000 euros de sa petite épopée parisienne.

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Avant de débarquer Porte d’Auteuil cette semaine, le protégé de Richard Gasquet n’avait cumulé, depuis le début de sa courte carrière en simple et en double, "que" 175 637 dollars, soit 151 181 euros. Ainsi il s’est déjà assuré de gagner plus en un tournoi que depuis le début de l’année.

Roland-GarrosCrédit photo : iStock

Une réglementation stricte pour encadrer la gestion des revenus des mineurs

Cependant, le jeune prodige ne pourra pas profiter de cette récompense financière dès maintenant, en raison de son âge. En effet, en France, la rémunération d’un mineur obéit à des règles strictes, que ce soit pour un athlète de haut niveau ou pour un artiste.

Contrairement à l’idée reçue, ce ne sont pas ses représentants légaux qui gèrent directement l’argent. L’État impose qu’une partie des gains générés soit placée sur un compte bloqué jusqu’à la majorité de l’athlète. C’est la Caisse des Dépôts et Consignations qui se charge de collecter cet argent et de le gérer. Il n’est pas possible d’effectuer des retraits.

Moïse KouaméCrédit photo : AFP

En revanche, Moïse Kouamé et sa structure familiale disposent de l’autre partie des prize money pour financer le train de vie du joueur. Les parents peuvent posséder un droit d’administration, c’est-à-dire s’occuper de ces sommes pour payer des frais directement liés à la carrière du sportif mineur. Les dépenses concernent par exemple, pour un joueur de tennis, les déplacements à l’étranger, l’hébergement puis la rémunération des coachs et autres préparateurs qui composent le staff. Dans tous les cas, l’argent est versé au nom du joueur mineur, jamais à un tiers.

Il existe également une exception si le mineur est émancipé, c’est-à-dire que même âgé de 17 ans, il est considéré comme un majeur. Il peut alors gérer comme un adulte, toucher ses revenus directement et gérer son argent de la façon dont il le souhaite. Ce qui n’est pas le cas de Moïse Kouamé, qui devra donc attendre le jour de ses 18 ans, soit le 6 mars 2027, pour pouvoir toucher intégralement et gérer à sa guise ses revenus générés en tournoi.

Jérémy Birien

Au sujet de l'auteur :

Journaliste et expert des médias digitaux avec plus de 15 ans d'expérience, Jeremy Birien collabore avec la rédaction de Demotivateur depuis plus de 10 ans. Diplômé de l'ISFJ avec un Master en Journalisme (Bac +5), il a forgé son expertise au sein de médias leaders tels que Melty et Jellysmack. Spécialiste des nouveaux formats d’information et ambassadeur voyage, il apporte son regard acéré et sa rigueur éditoriale pour décrypter l'actualité, les tendances de société et l'évasion. Son parcours académique et sa maîtrise historique de la ligne éditoriale de Demotivateur.