Il met en location un studio insalubre de 20 m2 à Paris... et reçoit 400 appels en une après-midi

Un agent immobilier a raconté comment un studio de 20 mètres carrés, situé à Paris, a suscité l’intérêt de centaines de potentiels locataires, malgré sa vétusté.

Ce n’est pas un secret : le marché de la location immobilière est particulièrement saturé à Paris, et ce malgré les prix exorbitants des loyers. Nicolas Jeffs, agent immobilier indépendant, a témoigné sur ce phénomène auprès du média Le Figaro Immobilier. Son constat est implacable : il y a moins d’offres, mais toujours plus de demandes.

Le marché est tellement saturé qu’il a été confronté à des situations déroutantes, expliquant que les potentiels locataires sont prêts à tout pour avoir un logement :

« Il m’est arrivé de recevoir des SMS à 3 heures du matin d’un candidat qui réitérait sa volonté de louer un appartement. J’ai également rencontré une dame avec deux enfants en bas âge qui s’est mise à pleurer en m’indiquant qu’elle n’avait aucune autre solution que cet appartement qu’elle visitait. Sans compter les locataires qui viennent accompagnés d’un parent ou d’un conjoint complètement fictif »

Pour donner un véritable indice du phénomène, Nicolas Jeffs a notamment raconté son anecdote la plus marquante. L’année dernière, il a mis en ligne une annonce pour la location d’un studio de 20 mètres carrés, situé dans le 11e arrondissement de Paris, non loin du Square de la Roquette.

Vue de Paris depuis un appartementCrédit photo : iStock

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Selon une étude publiée en avril 2025 par l’agence Manda, spécialisée dans la gestion locative, cet arrondissement est celui qui reçoit le plus de candidatures par annonce : 82 en moyenne.

Le studio, qui était à louer 800 euros par mois, était pourtant peu attractif, de l’avis même de l’agent :

« Non seulement il était vétuste, avec beaucoup de traces de moisissure, mais il était aussi situé dans un immeuble de mauvaise facture »

Un toit coûte que coûte même pour des locataires qui ont les moyens

Seulement voilà, les potentiels locataires ne sont pas très regardants, du moment qu’il y a un toit. L’agent raconte qu’il a reçu 400 appels en une seule après-midi pour la location de ce studio. Un record pour lui ! Ce qui l’a frappé, outre l'attractivité du bien, c’est la qualité des dossiers qu’il a reçus de la part des aspirants locataires.

« La plupart de ceux que j’ai reçus étaient très largement au-dessus des critères « classiques ». Certains locataires gagnaient quatre, cinq voire dix fois le loyer mensuel et disposaient d’une épargne importante »

Pour ce studio situé dans le 11e arrondissement, la solidité des garants a également scotché l’agent immobilier.

« La majorité avaient des revenus très confortables, compris entre 10 000 et 30 000 euros nets par mois ».

Les rues de ParisCrédit photo : iStock

Pour mettre toutes les chances de leur côté, certains locataires sont arrivés particulièrement bien habillés, « comme s’ils se rendaient à un entretien d’embauche ».

Finalement, l’agent immobilier a choisi, avec le propriétaire bailleur, le dossier d’un jeune actif, dont les parents étaient tous deux cadres et « affichaient des revenus cumulés de plus de 20 000 euros par mois ».

Selon Nicolas Jeffs, cette situation est amenée à se répéter. À partir de 2028, les logements classés « F » au DPE devraient, à leur tour, être interdits à la location. Une contrainte qui devrait peser davantage sur le marché parisien de la location, déjà très tendu. En France, les biens étiquetés « F » représentent 4,2 % de l’offre locative enregistrée entre janvier et septembre 2025, selon l’Observatoire Guy Hoquet Location.

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Journaliste