Ces dernières semaines, plusieurs affaires sordides, à commencer par le viol et le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, ou encore le décès du jeune Louis (17 ans), battu à mort par des camarades de foyer à Narbonne (Aude), ont relancé le débat sur le rétablissement de la peine de mort dans le pays.
Si certains Français sont favorables à son retour, d'autres se montrent en revanche catégoriques et s'y opposent farouchement, considérant que son abolition demeure immuable.
C'est notamment le cas d'Emmanuel Macron qui s'est de nouveau prononcé contre le rétablissement de la peine capitale, en soulignant que cette dernière n'avait « jamais rendu une société plus sûre ».
Crédit photo : capture d'écran / BFM
Emmanuel Macron réaffirme son opposition à la peine de mort
C'est à l'occasion du 9ᵉ congrès mondial contre la peine de mort, qui a lieu ces jours-ci à Paris, que le président de la République française s'est exprimé sur le sujet.
Dans un discours prononcé devant des centaines de personnes et retransmis en direct à la télévision, Emmanuel Macron a rappelé à quel point il était important de ne pas rétablir la peine capitale, afin de ne pas souiller la « dignité humaine » d'une personne.
« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. Ça n’a jamais eu la notion dissuasive que certains pouvoirs autoritaires voudraient lui accorder », a ainsi déclaré le chef de l'État qui, chose tout à fait curieuse, portait des... lunettes de soleil lors de son allocution, en raison d'un « problème à l’œil », selon l'AFP.
🇫🇷 Emmanuel Macron sur la peine de mort : "La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre, parce qu’elle ne dissuade pas".pic.twitter.com/UM6SHsSHl5
— AlertesInfos (@AlertesInfos) June 30, 2026
« L'abolition, c'est la reconnaissance de la dignité humaine et c'est le fait que, quoi que l'un ou l'une d'entre nous n'ait pu faire, nous n'avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance à notre humanité », a-t-il poursuivi. Le président a toutefois précisé qu'il était nécessaire de punir sévèrement les criminels « pour répondre à la restauration des droits d'aide à la victime », mais aussi pour « porter réparation au nom de la société ».
Et de conclure : « Être une démocratie, c’est prendre des lois, des décisions, mais c’est reconnaître la part de chacun au sein d’une société démocratique. Accepter qu’on ne chasse pas le mal hors de notre société, on le réduit, on le sanctionne, on le punit. On le soigne parfois ».
Pour rappel, le Congrès contre la peine de mort, organisé par l'ONG abolitionniste « Ensemble contre la peine de mort » (ECPM), se tient à Paris du 30 juin au 2 juillet.
