Suspect principal dans une affaire d’agression et de tentative de viol, un enfant de 10 ans n’aurait finalement pas l’âge que ses papiers d’identité indiqueraient. L’enquête est toujours en cours.
Le lundi 15 juin, une jeune femme de 22 ans a été violemment agressée à l’arme blanche alors qu’elle faisait un jogging dans un parc de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor. Un “individu de sexe masculin” l’a abordée et lui a ordonné de se déshabiller mais face au refus de la joggeuse, l'individu a sorti un couteau et lui a asséné deux coups, l'un au bras, l'autre à l’abdomen. Le suspect a alors pris la fuite.
Après près d’une semaine de recherches, ce sont des policiers en patrouille qui ont finalement repéré « un individu correspondant en tous points au signalement donné par la victime ». Un couteau, correspondant à celui utilisé lors de l’agression, a également été retrouvé dans ses affaires. À son domicile, les policiers ont par ailleurs mis la main sur des « vêtements décrits par la victime dans sa plainte ».
Au-delà de la violence de l’agression, c’est surtout l’âge du suspect qui a choqué les enquêteurs et la plaignante. En effet, ce dernier est un jeune garçon qui serait âgé de 10 ans selon ses papiers d’identité. Cependant, un doute subsiste sur l’âge du jeune agresseur. Selon le Télégramme, le garçon aurait en réalité 14 ans.
« Si son état civil indique qu’il a 10 ans et demi, un doute a été émis compte tenu de sa morphologie et de documents d’identité peu fiables »
Crédit photo : Ville de Saint-Brieuc
Une information qui pourrait tout changer, ouvrant notamment la voie à de plus lourdes sanctions pénales et à une possible détention.
Les enquêteurs prudents avec l’âge présumé du suspect
Interrogé sur ce point par Le Parisien, le procureur de la République de Saint-Brieuc, Julien Wattebled, se refuse à tout commentaire, indiquant simplement « que les papiers présentés font état d’un âge de 10 ans ».
Le garçon serait arrivé de Kinshasa, en République démocratique du Congo, il y a environ un an, pour vivre avec son père. L'enfant est également scolarisé à Saint-Brieuc en classe de CM1.
Après son interpellation, il a été placé en « retenue » - et non garde à vue, comme le prévoit la loi pour les mineurs aussi jeunes, pour une durée de 12 heures, renouvelée une fois par le parquet. Durant son audition, il a reconnu être l’auteur des faits.
À l’issue de la « retenue », le jeune suspect a été déféré au parquet de Saint-Brieuc, ce mercredi. Il a été mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « tentative de meurtre » et « tentative de viol avec arme ».
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La loi n’autorisant pas de mesures à caractère pénal ou de détention pour des mineurs aussi jeunes, le juge d’instruction a ordonné une mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP), assortie de plusieurs obligations, dont l’interdiction pour le garçon de sortir de son domicile entre 22 heures et 6 heures et de contacter sa victime.
Selon le procureur de la République, des démarches ont immédiatement été entreprises pour faire hospitaliser le mineur, qui reste à ce jour présumé innocent.
Cependant, si son âge réel est de 14 ans, le suspect pourrait faire face à de graves sanctions pénales.
