En Inde, un éléphant utilisé pour mendier de l’argent a été transféré dans un sanctuaire, après des décennies de captivité et de mauvais traitements.
Veer, un éléphant mâle de 26 ans, découvre enfin la liberté après avoir passé la majeure partie de sa vie à travailler pour des humains indifférents à son bien-être.
Le pachyderme a été arraché aux griffes de ses bourreaux par Wildlife SOS, une organisation à but non lucratif spécialisée dans la protection et le sauvetage des éléphants et d’autres animaux.
Dans une interview accordée au magazine People, l’association retrace le parcours douloureux de son nouveau protégé.
Crédit Photo : Wildlife SOS
L’éléphant était utilisé pour récolter de l’argent
Alors qu’il n’était qu’un éléphanteau, Veer a été capturé dans son habitat naturel pour être utilisé comme éléphant mendiant.
Au cours de cette période, l’animal parcourait chaque jour de longues distances, souvent sur du béton brûlant et toujours enchaîné, afin collecter de l’argent pour des propriétaires peu soucieux de sa santé et de ses conditions de vie.
Crédit Photo : Wildlife SOS
Ces années de marche incessante « ont entraîné de graves problèmes de mobilité et des blessures chroniques », explique Natasha Ashok, responsable de campagne chez Wildlife SOS.
L’organisation vise à mettre fin à la pratique des éléphants mendiants en Inde d’ici 2030. Parallèlement, elle suit ces animaux à travers le pays, dépêchant des équipes pour contrôler leur bien-être et enregistrer leur localisation.
L’organisme a décidé d’intervenir pour venir en aide à Veer. Celui-ci a lancé les démarches afin d’obtenir les autorisations nécessaires à son sauvetage.
Crédit Photo : Wildlife SOS
Après avoir obtenu le feu vert, Wildlife SOS a envoyé une ambulance pour récupérer le pachyderme.
Il a ensuite été transporté jusqu’au Elephant Hospital Camp. Il s’agit d’un centre spécialisé géré par l’association. À la fois sanctuaire et clinique vétérinaire, ce lieu accueille les éléphants rescapés et leur offre un environnement sûr, stable et proche de la nature.
Crédit Photo : Wildlife SOS
Une nouvelle vie au sanctuaire
Sur place, Veer a subi un examen médical approfondi, qui a révélé l’étendue de la négligence dont il a été victime.
Les vétérinaires ont découvert des dommages aux os de ses pattes, des plaies infectées et une queue enflée, conséquences physiques de longues années de travail forcé et de surmenage.
Depuis son arrivée au refuge, le pensionnaire reçoit des soins quotidiens pour soigner ses blessures. Parallèlement, il profite pleinement de sa nouvelle liberté.
Crédit Photo : Wildlife SOS
Il vit désormais dans un grand enclos ouvert au sein de la structure, sur un sol sablonneux, idéal pour soulager ses articulations fatiguées.
Son espace douillet comprend aussi une piscine, où il peut entrer à sa guise pour soulager ses jambes et se rafraîchir. De plus, Veer effectue deux promenades quotidiennes dans les zones boisées autour du centre.
Wildlife SOS alerte sur la situation des éléphants en Inde
Fort heureusement, l’éléphant s’est rapidement adapté à son nouvel environnement.
« Notre objectif est de lui offrir les soins et la sécurité qui lui ont longtemps été refusés : un lieu où il peut guérir, retrouver ses comportements naturels, interagir avec ses congénères et simplement exister comme un éléphant devrait le faire », explique Natasha Ashok.
Crédit Photo : Wildlife SOS
Dans un communiqué, Kartick Satyanarayan, cofondateur et PDG de Wildlife SOS, rappelle : « Veer a souffert pendant des années dans le silence, utilisé pour mendier, forcé de marcher sur du béton brûlant et privé des soins vétérinaires dont il avait désespérément besoin ».
« Nous sommes soulagés qu’il soit enfin entre de bonnes mains et espérons que son sauvetage suscitera la sensibilisation et les actions dont les éléphants à travers l’Inde ont si urgemment besoin », a-t-il ajouté.
L’organisation se dit optimiste, espérant que l’histoire de Veer encouragera chacun « à s’opposer aux balades à dos d’éléphants et à d’autres activités touristiques exploitantes qui imposent un stress physique et psychologique à ces animaux ».
