Un homme accusé de viol a choisi une ligne de défense pour le moins étonnante, lors de son procès.
Lorsqu'une affaire de viol est jugée, le principal enjeu que rencontrent celles et ceux qui ont la lourde charge d'établir les faits réside dans la difficulté à prouver l'absence de consentement. Dans ces conditions, les détails de chaque version comptent, car il s'agit bien souvent de juger la parole des uns contre celles des autres.
Néanmoins, les juges peuvent parfois recevoir des coups de pouce inespérés qui leur facilitent la tâche, notamment lorsque les accusés se tirent une balle dans le pied avec des justifications douteuses. Le procès d'un violeur présumé, qui se tient actuellement dans la principauté d'Andorre, l'a récemment démontré.
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Elle accuse un homme de viol, il nie en affirmant qu'il ne pouvait... pas bander
Accusé d'avoir violé une touriste espagnole de 20 ans dans une discothèque, ce ressortissant français a ainsi surpris le tribunal en niant ces allégations avec une version étonnante et pleine d'aplomb. Âgé de 34 ans, ce dernier a en effet affirmé qu'il n'avait pas pu commettre de pénétration forcée car il ne pouvait pas avoir d'érection au moment des faits, relate le quotidien local Diari d’Andorra.
Pour bien comprendre sa version, ainsi que celle de la plaignante, il faut remonter à l'automne dernier, lorsque l'agression sexuelle présumée a eu lieu.
Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2024, la police d’Andorre-la-Vieille interpelle l'accusé dans une boîte de nuit après avoir été prévenue par le personnel de l'établissement, lui-même alerté par une jeune femme. Sous le choc, cette dernière accuse le trentenaire français de lui avoir imposé deux rapports sexuels non consentis dans les toilettes de la discothèque.
Lors de son interrogatoire, l'accusé dément. S'il admet bien une « fellation très courte » ainsi qu'une pénétration vaginale « très brève », il réfute néanmoins tout acte violent et en veut pour preuve sa très forte ivresse. Selon lui, il n'a pas pu pénétrer violemment la jeune femme car il était trop alcoolisé pour avoir une érection.
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Interrogée à son tour, la victime a expliqué aux enquêteurs avoir d'abord consenti à un rapport sexuel, avant de se raviser en raison d'une pénétration douloureuse. Selon elle, l'accusé ne l'aurait pas écoutée et aurait poursuivi en la forçant, tout en lui couvrant la bouche pour ne pas qu'elle appelle à l'aide. « Je lui ai dit d’arrêter parce que ça me faisait mal », a-t-elle ainsi déclaré, précisant que les blessures que son agresseur lui a infligées ont provoqué un « saignement abondant dans les toilettes ».
Une version qui met à mal les justifications évasives du violeur présumé.
Placé en détention provisoire depuis un an et trois mois, ce dernier risque 8 ans de prison.
Affaire à suivre...
