Soeur André, doyenne des Européens, fête ses 117 ans quelques jours seulement après avoir vaincu la Covid-19

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Il y a quelques jours, nous vous parlions de sœur André, la doyenne des Européens et vice-doyenne de l’Humanité (derrière la japonaise Kane Tanaka âgée de 118 ans, ndlr), qui vient d’être tirée d’affaire après avoir été testée positive à la Covid-19 le 16 janvier dernier. Retour sur la vie de celle qui fête ce jeudi 11 février son 117ème anniversaire.

Crédit : Vincent Pereira / Midi Libre

Née en 1904 à Alès, dans le Gard, celle qui impressionne tout le monde par sa santé de fer et sa longévité incroyable n’a pas toujours été religieuse.

En effet, au départ elle se nomme Lucile Randon et ce n’est qu’en 1944, à 41 ans, qu’elle devient sœur André en rejoignant la compagnie des Filles de la Charité (après avoir été baptisée à 26 ans). Jusqu’à ce tournant de sa vie, elle avait notamment exercé les métiers d’institutrice et de gouvernante pour les familles bourgeoises. Aveugle depuis plusieurs années maintenant, elle garde néanmoins un esprit alerte et très vif.

Avant d’arriver sur la Côte d’Azur et plus précisément à Toulon pour intégrer l’Ehpad Sainte-Catherine Labouré, elle a déjà passé les trente années dans un établissement pour personnes âgées situé dans l’ancienne commune savoyarde des Marches, fusionnée depuis le 1er janvier 2019 avec Francin pour former la nouvelle ville Porte-de-Savoie.

Et malgré le fait qu’elle n’arrive plus à lire, elle parvient à rester très informée et particulièrement connectée, notamment pour garder le contact avec sa famille et ses huit arrière petits-neveux.

Au cours de sa vie, elle a connu de nombreux moments de grandes joie mais également des périodes plus sombres à l’instar de la tristement célèbre Première Guerre mondiale.

Elle y avait fait référence en 2020 alors qu’un journaliste lui avait demandé de donner le secret de sa fascinante longévité : « Le secret ? Je n’en sais rien, j’ai eu bien des malheurs dans la vie. Pendant la guerre de 1914-1918, j’étais enfant, j’ai souffert comme tout le monde. Ce n’était pas drôle. »

Crédit : Nicolas Tucat / AFP

Soeur André, 117 ans, éprouvée par l'isolement

Sœur André a été symptomatique pendant tout le temps où le virus était présent dans son organisme et a simplement ressenti une fatigue importante.

D’ailleurs, seulement quelques jours après les faits, elle semble avoir du mal à se souvenir précisément de son état. « Je ne suis pas sûre que je l'ai eu. On me dit que je l'ai eu, j'ai été très fatiguée, c'est vrai, mais je ne m'en rends pas compte. Je ne me suis pas rendu compte. On m'a laissée couchée » a-t-elle déclaré au micro de nos confrères d’AFPTV.

Au total, les 21 jours de confinement imposés par les médecins auront été très longs pour elle car elle a du rester dans son fauteuil roulant, dans sa chambre et sans visite, mais c’est une nouvelle épreuve qu’elle a finalement surmonté.

Malheureusement, cela n’a pas été le cas pour tout les résidents de l’Ehpad Sainte-Catherine Labouré qui a été un cluster important de l’épidémie. Sur les 88 pensionnaires de l’établissement toulonnais, 81 ont été contaminés par le virus et une dizaine en sont décédés.

Du haut de ses 117 ans, sœur André est sans doute l’une des personnes les plus vulnérables sur place, et pourtant, elle n’a a posé aucune question sur les impacts que la maladie pourrait avoir sur sa santé et n’a manifesté aucune peur de cette dernière. En revanche, elle s’est montrée très inquiète pour les autres résidents.

« Elle a été éprouvée par la solitude imposée par le confinement. Elle aime rencontrer des gens et parler. Aujourd'hui, nous sommes déconfinés. Elle peut recevoir quelques visites, mais peu, car elle reste une personne très fragile. Donc, petit à petit, elle retrouve une joie de vivre » a expliqué David Tavella, en charge de la communication de l’Ehpad Sainte-Catherine Labouré, qui avait lui-même annoncé à Lucile Randon sa positivité au coronavirus.

Crédit : Vincent Pereira / Maxppp

Doyenne des Européens, un anniversaire en toute intimité

Si sœur André est survécue au virus, la situation sanitaire actuelle reste pour le moins tendue. Conséquence, les festivités de ses 117 se tiendront quand même en petit comité afin d’éviter tout nouveau risque de propagation du virus en réunissant un grand nombre de personnes.

Au programme de cette journée, la religieuse pourra notamment profiter de son dessert préféré : l’omelette norvégienne.

Afin de faire de rendre ce moment unique, chacun y est allé de son petit geste. Par exemple, le chef a préparé un super repas à la hauteur de l’événement que représente un 117ème anniversaire avec un foie gras, un filet de chapon au cèpes et du porto pour arroser le tout.

Et comme tout ne tourne pas seulement autour de la nourriture dans la vie, soeur André pourra également échanger avec une grande partie de sa famille grâce à une visioconférence surprise organisée par le staff médical de l’Ehpad.

Pour finir en beauté, la dizaine de religieuses de l’établissement ont prévu une messe pour lui rendre hommage.

Ça donne envie n’est-ce pas ? On aurait bien aimé participer à l’événement pour montrer tout notre soutien à sœur André mais malheureusement les cironstances ne permettent pas les visiteurs de l’extérieur. En tout cas, on espère qu’elle profitera au maximum de ce moment unique !

Crédit : Nicolas Tucat / AFP

Source : France Info
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