Cancer : un chercheur français aurait trouvé comment tuer les tumeurs responsables de 70% des décès

Un chimiste français vient de mettre au point une molécule qui pourrait détruire certaines tumeurs, suscitant ainsi beaucoup d'espoir dans la lutte contre le cancer.

Le Dr Raphaël Rodriguez a l'ambition de sauver des vies, beaucoup de vies.

Il n'est pourtant pas médecin. À vrai dire, ce quadragénaire a même raté sa première année de médecine et a fini par abandonner. Son truc à lui, c'est plutôt la recherche et c'est par ce biais qu'il pourrait contribuer, un jour, à soigner de très nombreux malades condamnés.

Ce jeune chimiste français vient en effet de mettre au point, avec son frère aîné, une molécule qui pourrait bien détruite les métastases. Ses recherches suscitent d'ailleurs un fol espoir, au sein de la communauté scientifique. Et pour cause, car les métastases sont à l'origine de 70 % des décès par cancer.

Le Dr Raphaël Rodriguez, directeur de recherche au CNRS et chef du laboratoire Biomédecine à l'Institut CurieCrédit photo : Institut Curie / Facebook

Un chimiste français aurait-il enfin trouvé le remède pour tuer les métastases ?

Directeur de recherche au CNRS et chef du laboratoire Biomédecine à l'Institut Curie, Raphaël Rodriguez mène ainsi une croisade contre ces tumeurs secondaires, que sont les métastases. Une lutte. Or, comme le conseillait jadis l'illustre stratège chinois Sun Tzu, pour vaincre un ennemi, il faut d'abord le connaître. C'est pourquoi le chimiste essaye depuis des années de tout savoir sur ces tumeurs, à commencer par leur point faible.

Partant du postulat qu'il faut percer à jour les failles des métastases pour espérer les vaincre, Raphaël Rodriguez a ainsi tenté de comprendre pourquoi certaines cellules devenaient résistantes aux traitements actuels (comme la chimiothérapie) et pas à d'autres. Après 10 années de recherches et une thèse prometteuse, le scientifique croit enfin avoir trouvé la solution. Il a du moins la certitude que le secret de cette lutte se cache dans l'adaptation des tumeurs à leur environnement, notamment leur appétence pour... le cuivre et surtout le fer.

« Ce n’est pas une question de génétique, car leurs propriétés ne sont pas liées à des mutations. On parle ici de capacité d’adaptation, de plasticité cellulaire », explique ainsi le chercheur, dans les colonnes de l'Express. « Elles (les métastases n.d.l.r)  utilisent ce métal (le fer n.d.l.r) comme un catalyseur pour accélérer leur adaptation », poursuit-il. Et c'est justement cet appétit pour le fer qui pourrait bien causer leur perte car « elles deviennent sensibles à l’oxydation et meurent si elles n’arrivent pas à la contrôler », précise Raphaël Rodriguez.

Y voyant là une fenêtre de tir inespérée, le chimiste a donc synthétisé une molécule capable d'accélérer cette oxydation pour introduire dans la tumeur la « ferroposte », c'est-à-dire le processus de mort cellulaire qui résulte de l’oxydation du fer. De cette synthèse est né un produit qui a été testé à plusieurs reprises sur des cellules d'animaux, mais aussi de patients atteints de tumeurs agressives. Et les résultats ont été fort encourageants. Il ne reste désormais plus qu'à le tester sur des humains, ce qui n'est pas encore gagné, pour des raisons évidentes de financement et surtout de normes cliniques.

Un scientifique en train d'utiliser un microscope Crédit photo : iStock

Les recherches prometteuses de Raphaël Rodriguez lui ont d'ores et déjà valu plusieurs publications dans des revues prestigieuses et de nombreux prix, dont la médaille d’argent du CNRS en 2024.

L'espoir de trouver un jour un remède efficace est donc plus que jamais d'actualité.

Source : L'Express
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Au sujet de l'auteur :

Évoluant dans la presse web depuis l’époque où celle-ci n’en était encore qu’à ses balbutiements, Mathieu est un journaliste autodidacte et l’un de nos principaux rédacteurs. Naviguant entre les news généralistes et les contenus plus décalés, sa plume s’efforce d’innover dans la forme sans jamais sacrifier le fond. Au-delà de l’actualité, son travail s’intéresse autant à l’histoire qu’aux questions environnementales et témoigne d’une certaine sensibilité à la cause animale.