Euro 2020 : les Bleus de Didier Deschamps sont-ils autant favoris qu'on le prétend ?

À quelques jours du coup d’envoi de la 16e édition du championnat d’Europe de Football, on se demande si l’équipe de France, championne du monde en titre, mérite son statut de favori.

Ça y est, nous y voilà !

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Après plus d’un an d’attente et un frustrant report dû au contexte sanitaire, les fans de football vont enfin pouvoir regoûter aux joies d’une grande compétition internationale avec le championnat d’Europe des nations, qui débute ce vendredi 11 juin à Rome, avec le match d’ouverture entre l’Italie et la Turquie.

À quelques jours de l’entrée en lice de l’équipe de France - les Tricolores démarrent leur Euro contre l’Allemagne le mardi 15 juin à 21h -, la question qui revient sur toutes les lèvres est la suivante : les « Bleus » de Didier Deschamps sont-ils autant favoris qu’on le prétend ?

Voilà plusieurs semaines maintenant que la France s’annonce en effet comme l’équipe à battre et encore plus depuis le 18 mai, date à laquelle le sélectionneur a révélé les noms des 26 joueurs retenus pour le tournoi.

Une liste définitive qui a officialisé ce qu’une grande partie des supporteurs n’osaient plus espérer : le retour du désormais ex-banni Karim Benzema, après 5 ans d’absence.

Ce choix inattendu, mais réfléchi, de la part de Didier Deschamps a suscité un engouement incroyable autour des champions du monde en titre, en raison notamment de l’alléchante association qui se profile entre le maître à jouer du Real Madrid et ses compères d’attaque, Antoine Griezmann et Kylian Mbappé.

Autant de promesses qui font dire à bon nombre d’observateurs que l’équipe de France s’avance comme la grandissime favorite de la compétition.

Mais, au risque de doucher cette euphorie ambiante et de passer pour des rabat-joie de service, n’en fait-on pas trop avec les Bleus ?

La question est légitime mais nous allons la balayer d’un revers de manche car elle est finalement assez symptomatique de cette mauvaise habitude propre au sport français, qui a toujours beaucoup de mal à assumer l’idée que ces représentants puissent être les meilleurs et donc attendus au tournant.

Si le précédent du Mondial 2002 - où la France avait pris la porte dès le premier tour malgré une équipe de feu et un trio d’attaque composé des meilleurs buteurs de Ligue 1 (Djibril Cissé), de Premier League (Thierry Henry) et de Serie A (David Trezeguet) - incite bien évidemment à la prudence, il ne faut pas non plus tomber dans un extrême inverse.

Surtout, arrêtons de croire que les sportifs tricolores ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont outsiders et avancent masqués.

Si la question est de savoir si oui ou non les « Bleus » de Didier Deschamps sont autant favoris qu’on le prétend ? La réponse est OUI et on vous explique pourquoi.

Les Bleus sont favoris et ont la meilleure équipe sur le papier, un statut à assumer

Il serait grand temps que l’on arrête de faire les « pisses-froids » et que l'on évite de confondre confiance et arrogance !

Au cas où certains l’auraient oublié, l’équipe de France est championne du monde en titre et ce n’est pas un gros mot que d’affirmer qu’elle est la favorite de la compétition !

Un statut que les Bleus se doivent d’assumer et ce dès le premier tour, puisqu’ils ont hérité du pire tirage possible dans le groupe F avec deux des meilleures équipes européennes, l’Allemagne et le Portugal, mais aussi la Hongrie qui, après avoir disparu de la scène internationale pendant plus de 25 ans, dispute là sa seconde phase finale consécutive après l’Euro 2016.

Les coéquipiers du capitaine Hugo Lloris n’auront donc pas le temps de tergiverser et rentreront dans le vif du sujet d’entrée, en se frottant à la National Mannschaft dans leur antre de l’Allianz Arena de Munich, qui accueillera pour l’occasion 14 000 personnes, soit 20% de sa capacité, comme le prévoit la jauge sanitaire en vigueur.

Si l’Allemagne - qui vient d’en passer sept (excusez du peu) à la Lettonie - se présente avec un onze titulaire ayant fière allure, les Bleus n’ont pourtant aucun complexe à nourrir.

Et pour cause, Didier Deschamps dispose probablement de la meilleure équipe sur le papier !

Qu’on se le dise, dans l’histoire de l’équipe de France, seuls les glorieux aînés de 98/2000 - sans faire offense à la fantastique génération de Michel Platini - peuvent soutenir la comparaison avec l’effectif d’aujourd’hui.

Crédit photo : Icon Sport

Si l’on excepte peut-être Pavard (qui demeure une valeur sûre) et dans une moindre mesure Adrien Rabiot (qui souffre encore de son irrégularité malgré un talent indéniable), la quasi-totalité des titulaires annoncés sont tous des joueurs de classe internationale à leur poste et titulaires dans les plus grands clubs au monde, à commencer par les trois attaquants (Benzema, Griezmann, Mbappé), mais aussi et surtout N’Golo Kanté, dont le rôle sera déterminant dans l’équilibre de l’équipe.

Dans une forme éblouissante, le milieu de terrain, révélé à Caen puis à Leicester, pourrait d’ailleurs bien être LA star de cet Euro.

En cas de victoire des Bleus, inutile de vous dire que l’homme fort de Chelsea, récemment vainqueur de la Ligue des champions contre Manchester City, deviendrait l’un des plus sérieux prétendants au Ballon d’Or 2021.

Quelle ironie quand on sait que le milieu de terrain n'est ni plus ni moins que la discrétion et l’humilité incarnées !

Si la composition probable des Bleus à de quoi donner des sueurs froides aux adversaires adverses, que dire du banc de touche ?

Robert Pirès, Sylvain Wiltord et David Trezeguet le savent mieux que quiconque (petite pensée aux Italiens), les remplaçants ont plus que jamais leur mot à dire dans une phase finale.

Et quand on voit les noms de ceux qui ne partent pas dans la peau de titulaires (Tolisso, Lemar, Dembélé, Coman, ou encore Giroud), on ne peut qu’admirer la profondeur du banc français, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Imaginez un instant, les flèches Dembélé et Coman rentrer en jeu à 20 minutes de la fin pour percer le coffre d’une défense regroupée mais fatiguée…

Quid du jeu ?

Si les matches (ennuyant pour ne pas dire plus) de l’après coupe du monde 2018 ont trop souvent montré les limites d’une équipe solide mais sans réelle solution pour contourner un bloc bas, les récentes sorties des Bleus ont, en revanche, donné des motifs de satisfaction.

Le visage conquérant affiché en novembre dernier contre le Portugal, ainsi que les belles promesses d'un jeu fluide et flamboyant, entrevues en match de préparation contre les Gallois ,ont effectivement rassuré les supporteurs et suscité beaucoup d’espoirs.

L’association tout en technique et en vitesse du fameux trident offensif, que le monde nous envie tant, participe bien sûr de cet emballement et ce n’est pas pour nous déplaire.

Alors, va-t-on enfin voir cette équipe de France se sublimer et assumer ce qu’elle est vraiment, le grandissime favori ?

Réponse dès mardi soir face aux Allemands.

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