La dépouille de l'un des personnages les plus célèbres de l'histoire de France aurait été retrouvée, 350 ans après sa mort.
C'est une incroyable découverte, qui fascine les historiens de l'Ancien Régime.
Un squelette, retrouvé par hasard lors de travaux menés sous une église néerlandaise, pourrait bien être celui de Charles Batz de Castelmore, plus connu sous le nom de... d'Artagnan. L'information a de quoi en surprendre plus d'un. Mais c'est oublier que, contrairement à ce que beaucoup pensent, ce dernier n'était pas uniquement un personnage de fiction, né de l'inspiration d'Alexandre Dumas, mais bien un glorieux militaire ayant réellement vécu au XVIIᵉ siècle.
Des tests sont en cours afin de déterminer si ces ossements sont bien ceux du plus célèbre des mousquetaires du Roi-Soleil, mort il y a plus de 350 ans.
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Le squelette de d'Artagnan retrouvé aux Pays-Bas ?
Selon le média néerlandais L1 Nieuws, la découverte de ce squelette a eu lieu d'une manière totalement fortuite, sous l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maastricht, en février dernier. Alors qu'une partie du sol de l'édifice religieux venait de s'effondrer, des travaux de reconstruction ont en effet permis de mettre au jour les ossements.
Si l'hypothèse que d'Artagnan a bel et bien été enterré près de cette église, située dans le quartier de Wolder, a déjà été avancée par le passé, aucune fouille n'avait en revanche été menée jusqu'alors. Cette théorie est fondée sur des documents d'époque attestant que le mousquetaire, natif du Gers, est mort le 25 juin 1673 lors du siège de Maastricht. Cet épisode militaire, qui se solda par une victoire des armées royales de Louis XIV, intervint durant la guerre de Hollande, opposant le royaume de France à la Quadruple-Alliance, formée par le Saint-Empire romain germanique, la monarchie espagnole, les Provinces-Unies et le Brandebourg.
Si l'on en croit la légende entourant le décès du mousquetaire, d'Artagnan aurait ainsi perdu la vie en héros en étant mortellement touché par une balle de mousquet, lors du siège. Une fois sa mort constatée, la décision de ne pas rapatrier son corps et de l'enterrer sur place, à proximité du camp de l'armée française à Wolder, aurait été prise par le roi Louis XIV en personne.
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S'il n'existe, pour l'heure, aucune preuve que la dépouille soit bien celle de d'Artagnan, plusieurs éléments troublants semblent néanmoins confirmer l'hypothèse. Une pièce française a par exemple été retrouvée près de la dépouille.
« De plus, l'emplacement de la tombe indique qu'il s'agit d'une personnalité importante : le squelette se trouvait en effet à l'endroit où se dressait autrefois l'autel, et seules les personnalités royales ou d'autres figures importantes étaient, à l'époque, inhumées sous un autel », a par ailleurs précisé Jos Valke, diacre de l'église. Des restes de balles de mousquet ont également été retrouvés près des côtes du squelette, ce qui correspond aux descriptions de la mort de d'Artagnan.
Crédit photo : capture d'écran / L1 Nieuws
Cherchant à localiser la tombe de d'Artagnan depuis 28 ans, Wim Dijkman, l'archéologue en charge des fouilles, se dit aujourd'hui « prudent », mais il place « de grands espoirs » dans cette découverte, qui pourrait constituer « le point culminant de (sa) carrière ».
« Je reste très prudent, je suis un scientifique. Mais j'ai de grands espoirs. Cela fait déjà 28 ans que je mène des recherches sur la tombe de d'Artagnan. Cela pourrait être le point culminant de ma carrière. J'ai depuis des années de nombreux contacts en France et ils me demandent toujours pourquoi d'Artagnan n'a pas encore été retrouvé. Cela semble désormais être le cas, car rien n'a été trouvé jusqu'à présent qui contredise l'hypothèse selon laquelle il s'agirait bien de lui » (Wim Dijkman, archéologue)
L'intéressé attend désormais les résultats des analyses ADN, qui seront comparées à celles des descendants du père de d'Artagnan, Bertrand Batz de Castelmore.
