Les députés renoncent à rallonger le congé de deuil, en cas de décès d'un enfant, car cela « va pénaliser les entreprises »

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L’Assemblée a rejeté l'extension du congé de deuil en cas de perte d'un enfant, au motif qu'une telle absence prolongée nuirait aux entreprises. Une décision loin de faire l'unanimité et qui ne devrait pas manquer de faire réagir.

C’est une décision qui ne passe pas auprès de nombreux parlementaires !

Les députés de la majorité ont renoncé ce jeudi à rallonger le congé de deuil - en cas de décès d’un enfant – de cinq à douze jours.

Déjà retoquée en Commission, cette proposition défendue par le député du Nord Guy Bricout (UDI-Agir) et soutenue par plusieurs élus, tous bords confondus, a été rejetée par 40 voix contre 38.

Dès la semaine dernière, à l’issue de débats houleux, le texte initial - qui prévoyait 7 jours supplémentaires pour un congé de deuil - avait été modifié par un amendement, présenté comme un compromis raisonnable.

Proposé par la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs, celui-ci proposait de remplacer cette extension par la possibilité de donner des RTT à un collègue touché par le décès d’un enfant, sans modifier la durée de congé actuelle.

« Madame la ministre nous répond que «ce n’est pas possible parce que ça va pénaliser les entreprises» »

Une proposition qui n’a pas convaincu le porteur du texte Guy Bricout, lequel a tenté de faire entendre raison à l’hémicycle, arguant du fait que cinq jours de deuil n’étaient « pas à la hauteur » pour « reprendre pied suite à la mort d’un enfant ».

Faisant appel à l’« humanité » de ses collègues, le député a tenu à rappeler que 4 500 enfants mourraient chaque année dans le pays, avant d’avoir atteint la majorité.

Ce à quoi la députée LREM, Sereine Mauborgne, a répondu en proposant « la possibilité pour l’employeur de créer un compte de don » de RTT. Un principe de solidarité envers un collègue endeuillé, également défendu par la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Mais cette proposition a fait bondir l’opposition qui a fustigé la position de la majorité.

Guy Bricout a jugé qu’il était « choquant de faire un amalgame entre congés payés et congés liés au deuil d’un enfant ».

« Honte sur eux » a lancé de son côté l’Insoumis François Ruffin. « On parle de la tragédie des tragédies, douze jours, je pensais que ça passerait comme une lettre à La Poste » a ainsi regretté le député de la Somme

« Une proposition pour passer de cinq à douze jours en cas de décès d’un enfant et Madame la ministre nous répond : «non ce n’est pas possible parce que sinon, ça va pénaliser les entreprises» », a-t-il par ailleurs déploré.

Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a, lui, fait part de son « incompréhension », considérant que ce congé bien particulier devait « être pris en charge par la nation » et non pas dépendre de la générosité entre collègues.

La proposition initiale de Guy Bricout a donc été rejetée! En revanche, celle portant sur le don de RTT, défendu par la majorité, a finalement été adoptée en première lecture par 46 voix contre 37 abstentions.

Source : Le Parisien
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