Paralysée des deux jambes, cette athlète a parcouru 4 400 km en montagne sur un vélo couché

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Quinn Brett, une athlète paraplégique, a parcouru le Tour Divide : une célèbre course de VTT en Amérique de 4 418 km dans les montagnes. Avec cet exploit, elle souhaite revendiquer le droit aux personnes handicapées de participer à des compétitions sportives en extérieur.

Aux États-Unis, le Tour Divide est l’une des plus anciennes courses de VTT en pleine montagne. Le parcours, de 4 418 kilomètres, est jonché d’obstacles : des cailloux, de la poussière et des dénivelés importants rendent le trajet particulièrement difficile. De plus, il n’existe aucune étape pour se reposer, et les sportifs qui veulent parcourir le Tour Divide doivent emporter leur propre matériel et nourriture pour dormir et se nourrir.

Crédit photo : Andy Earl

Ce parcours, Quinn Brett l’a réalisé. Cette Américaine est une athlète qui était autrefois passionnée d’endurance, d’escalade et de triathlon. Cependant, elle est paraplégique depuis maintenant 4 ans, après être tombée d’une falaise. Paralysée des deux jambes, elle se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant, mais elle a continué de se battre malgré son handicap et de continuer le sport.

« Je suis née de nouveau, a-t-elle confié. L’accident m’a d’abord dépouillée de mon identité, disons de mon identité d’athlète et d’être humain intelligent, capable et digne. Le processus de guérison a consisté à retrouver ces caractéristiques sous une nouvelle forme. Il est important pour moi de retrouver mon amour-propre, mais aussi de le faire rayonner vers l’extérieur. »

Elle parcourt 4 400 km en vélo couché

Déterminée, Quinn Brett a décidé de se lancer dans le cyclisme couché et de parcourir le Tour Divide. Pour cela, elle a investi dans un tricycle à assistance électrique. À moitié à genoux et à moitié couchée, elle a pu pédaler avec la force de ses bras. Avec l’aide de son ami Joe Foster, la sportive a parcouru 160 km à vélo par jour pendant 25 jours, soit 4 semaines d’effort. En comparaison, le vainqueur de l’édition 2021 a fini le parcours en 14 jours.

Crédit photo : Andy Earl

Pour relever ce défi, Quinn Brett n’a pas choisi la facilité. Elle a tenu à maintenir l’assistance électrique de son vélo au niveau le plus bas, et à l’utiliser uniquement pour s’aider pendant les montées. Son but : retrouver la sensation de l’effort.

« 160 kilomètres par jour, c’était éprouvant, mais peut-être plus encore pour Joe qui lui, n’avançait qu’à la force du jarret, a expliqué Quinn Brett. En termes de puissance et de fatigue cardio, l’assistance électrique me soulageait énormément. C’est au niveau des épaules et du cou que j’ai souffert physiquement : chaque jour, parfois au bout de 70 kilomètres et parfois après seulement 30 en fonction de la nature du terrain, j’avais des contractures et même des crampes. Mais mentalement, le plus difficile était cette impossibilité de pouvoir atteindre la dernière extrémité de l’effort : la sensation du visage en sueur, le fait de sentir ses jambes douloureuses et ses poumons en feu. Tout cela me manque. »

Crédit photo : Andy Earl

Un message pour les personnes handicapées

En plus de se surpasser et d’accomplir un défi personnel, Quinn Brett a voulu faire passer un message. À travers son parcours, elle souhaite montrer que les personnes handicapées peuvent participer à toutes les compétitions sportives en extérieur, et qu’elles peuvent accéder à la nature et aux grands espaces.

« Pendant le Tour Divide, Joe et moi n’avions pas les mêmes possibilités en fonction du terrain : grâce à l’assistance électrique, j’allais mieux que lui dans les montées raides, mais dans les singles tracks j’étais bien moins agile, évidemment. Le sport permet en tout cas à des valides et des handicapés de partager des expériences de première main, et de réduire à l’anecdotique des différences qui semblent infranchissables au spectateur extérieur », a expliqué Quinn Brett.

Crédit photo : Andy Earl

Pendant son périple, l’athlète a tenu une collecte en ligne dont l’argent sera reversé à l’association Kelly Brush. Les fonds permettront d’acheter des vélos adaptés aux personnes handicapées ainsi que d’autres équipements, et de les mettre à disposition dans les parcs nationaux.

Quinn Brett ne va pas s’arrêter là, puisque la jeune sportive compte se lancer dans une nouvelle compétition en parcourant le Baja Divide, au Mexique : un trajet de 2 736 km sur un sentier parsemé de cailloux et de poussière.

Crédit photo : Andy Earl

Source : L'Équipe
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