Les propriétaires d'un logement squatté ont dû attendre 20 ans avant de pouvoir récupérer leur dû. Récit.
Lorsqu'un bien immobilier est squatté par des locataires peu scrupuleux, les démarches pour faire expulser ces derniers peuvent durer un long moment. La procédure peut parfois même s'éterniser et prendre des années.
Un couple de propriétaires, installé dans le Midi, en a fait la très amère expérience après avoir attendu... 20 ans avant de pouvoir récupérer sa maison, occupée illégalement. Deux décennies d'un combat judiciaire épuisant qui a, hélas, débouché sur une forme de double peine, car le logement a été, en outre, retrouvé « dans un état lamentable ».
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Ils récupèrent leur maison squattée après... 20 ans de procédure
Racontée par nos confrères de la Dépêche, l'histoire commence en 1999 lorsque Georgette et David, un couple de Franciliens, décident d'acheter une maison dans le sud-ouest de la France, pour investir et s'assurer ainsi un complément de revenus pour leurs vieux jours.
Le choix de la localité se porte finalement sur la commune de Pamiers dans l'Ariège, la région d'origine de Georgette, née au Fossat.
Une fois achetée, cette maison de 90 m² est louée à un homme, chargé de procéder à quelques travaux. Mais ce locataire, a priori sans histoire, va vite se révéler être ingérable. Après avoir installé des membres de sa famille dans le logement, sans prévenir, ce dernier va en effet réclamer des baisses de loyers, prétextant des difficultés financières, avant, tout simplement, d'arrêter de verser l'argent qu'il doit. Pire encore, il ira jusqu'à se faire passer pour le propriétaire des lieux pour tenter de vendre, sans succès, la bâtisse.
Se retrouvant alors dans une situation délicate, Georgette et David vont tout mettre en œuvre pour faire expulser ce locataire. Mais la procédure va durer plus de 20 ans et ne connaîtra son épilogue que le 10 avril 2025, date à laquelle le couple a finalement pu récupérer les clés du logement.
Entre-temps, un procès intenté contre le squatteur, suite à une plainte déposée en 2022, a permis à Georgette de récupérer 70 000 euros de dommages et intérêts, dont 16 000 euros d’impayés. Une bien maigre consolation car le couple a récupéré sa maison « dans un état lamentable ». Portes de placards cassées, traces d’humidité au plafond, lavabo fendu, carreaux cassés, ou encore prises arrachées... Le logement a été saccagé. Du ciment et de la terre ont même « été déversés dans les canalisations ».
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Aujourd'hui âgée de 78 ans, Georgette, retraitée des Postes, est anéantie.
« C’était pour ma retraite, toutes mes économies (...) Je suis au trente-sixième dessous », déplore-t-elle ainsi.
Vivant en location à Cintegabelle, en Haute-Garonne, Georgette et David envisagent désormais de déposer une nouvelle plainte, cette fois pour dégradations volontaires du bien d’autrui. Ils comptent également se débarrasser de la maison, une bonne fois pour toutes, car celle-ci leur rappelle trop de mauvais souvenirs.
Mais avant de songer à la vendre, il faudra d'abord envisager des travaux de rénovation afin de redonner au bien son lustre d'antan. Ce qui ne sera pas une mince affaire...
