Un parti politique italien a proposé au Parlement l’introduction de la castration chimique pour les personnes condamnées pour violences sexuelles graves.
Plusieurs pays européens, comme la Pologne et l’Estonie, disposent de lois permettant d’appliquer la castration chimique à certains pédophiles et violeurs, selon les modalités qui varient d’un pays à l’autre.
De son côté, l’Italie envisage désormais d’adopter cette mesure médicale prochainement. À ce jour, la proposition est en discussion au Parlement et n’a pas encore été approuvée. Voici ce que l’on sait.
Un texte présenté au Parlement italien
Tout a commencé en août 2023 lorsque des députés de la Lega (parti d’extrême droite), dirigée par Matteo Salvini, ont présenté au Parlement italien un texte visant à introduire la castration chimique pour les coupables de violences sexuelles graves.
Selon plusieurs médias italiens, ce projet concernerait les personnes condamnées pour viol, les auteurs d’agressions sexuelles, les pédocriminels ainsi que les récidivistes dans ces catégories.
Matteo Salvini - Crédit Photo : Wikimédia
Le 18 septembre 2024, le Parlement a approuvé la création d’une commission spéciale chargée d’étudier et de rédiger les lois sur le traitement des délinquants sexuels violents, comprenant notamment la castration chimique.
Le débat autour de ce texte a relancé à la suite d’une affaire de viol survenu dans un parc de Rome. Selon Matteo Salvini, sa proposition de loi fait toujours l’objet d’une discussion parlementaire. Autrement dit, le Sénat n’a pas encore donné son feu vert pour que la loi soit adoptée. À noter que le gouvernement de Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, soutient cette initiative.
Une mesure qui fait débat
La castration chimique est un traitement médical ayant pour objectif de réduire la production de testostérone via la prise de médicaments. Cette procédure est conçue pour limiter les pulsions sexuelles de l’individu.
En Italie, plusieurs partis politiques s’opposent à cette mesure. C’est notamment le cas d’Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères et chef de Forza Italia, qui est contre les châtiments corporels comme la castration chimique.
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Même son de cloche pour le parti principal d’opposition, le Partito Democratico (PD), qui désapprouve ce projet. Il estime que la procédure ne respecte pas les droits fondamentaux de la Constitution italienne
En France, la castration chimique n’est pas une mesure obligatoire pour les auteurs de crimes sexuels. Mais elle peut être pratiquée sous forme de traitements hormonaux, et ce, avec le consentement de la personne concernée.
