Contre toute attente, Samia Suluhu Hassan obtient le titre de « tyran de l’année », au nez et à la barbe de Donald Trump ou encore Vladimir Poutine.
C’est un titre peu honorable qui vient d’être attribué à Samia Suluhu Hassan. Celui de « tyran de l’année 2025 » décerné à la dirigeante tanzanienne par l’organisation non gouvernementale britannique, Index of Censorship.
Certes, la présidente de la Tanzanie n’est pas aussi connue que ses illustres confrères que sont Donald Trump, Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, Benjamin Netanyahu ou encore l’ayatollah Ali Khamenei, tous nommés. Pourtant, c’est bien elle qui a obtenu le titre en ce début d’année 2026.
C’est un vote du public, en ligne, qui a désigné la femme politique tanzanienne comme « tyran de l’année 2025 ».
Selon Jemimah Steinfeld, la directrice de Index on Censorship, les internautes tanzaniens se sont massivement mobilisés pour voter contre leur présidente.
« Les gens étaient vraiment concernés : ils ont apprécié de pouvoir saisir cette occasion pour dire ce qu’ils pensent, sans que cela n’ait trop de conséquences. Samia Suluhu Hassan est surnommée “la bouchère de Tanzanie” ou “le tyran en hidjab” », précise-t-elle au micro de TV5 Monde.
Des élections sanglantes qui ont fait plus de 700 morts
Crédit photo : TRT Français
Samia Suluhu Hassan, jusque-là vice-présidente de la Tanzanie, a pris le pouvoir en mars 2021 après le décès de John Magufuli, opposé aux défenseurs des droits. Le pays d’Afrique de 69 millions d’habitants croyait alors en un changement de régime, mais ce bouleversement n’est jamais arrivé, malgré des promesses significatives.
« J’exercerai honnêtement mes fonctions de présidente de la République unie de Tanzanie et assurerai la justice […] sans crainte, ni faveur, ni haine. Avec l’aide de Dieu », affirmait celle qui est diplômée d’un master en développement économique communautaire de l’université du Sud du New Hampshire.
Cependant, les choses ont pris une tournure dramatique en octobre 2025, à l’occasion des élections. Samia Suluhu Hassana a été élue avec 97,66 % des voix.
Un rapport du Centre for Information Resilience a dévoilé le 11 janvier plus de 180 images et vidéos montrant les exactions du régime. L’association britannique révèle ainsi que les autorités tanzaniennes ont tiré à balles réelles sur les civils durant les élections. Sont également évoqués l’usage de la force et l’installation de morgues de fortune. En tout, 700 personnes seraient décédées. Peu d’informations étaient parvenues dans le reste du monde car le régime avait coupé internet durant cinq jours.
De nombreux internautes et militants tanzaniens se sont félicités de ce titre car il va permettre, selon eux, d’attirer les regards sur la situation politique de leur pays.