La masturbation masculine : ses bienfaits, ses idées reçues

La masturbation masculine, tout comme féminine, est une pratique sexuelle pour le moins ancestrale. Sa pratique présente de nombreux avantages pour le corps, l'esprit, la psychologie, et même pour la santé. Petit tour d'horizon du côté des hommes, explication :

Messieurs n’ayez plus honte de vos envies nocturnes ! Après la lecture de cet article, vous n’aurez (presque) plus à vous cacher de vos désirs de masturbations. Quant à vous Mesdames, si vous ne vous sentez légitimement pas concernées, vous pourriez en apprendre plus que de raison sur ce qu'est la masturbation masculine et ses bienfaits ainsi que sur la sexualité de votre conjoint.

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Concernant les chiffres, en mars 2021, 80 % des hommes français âgés de 18 à 34 ans et 64 % des femmes françaises du même âge se masturbent et déclare aimer cette pratique. En examinant d'autres études, on peut affirmer qu'en France, les garçons se masturbent davantage que les femmes, ou tout du moins, ont plus tendance à l’admettre. Petit cachottier… Selon les résultats de l'enquête, menée auprès des Millénials français (c'est-à-dire les personnes nées entre 1980 et 1999), les jeunes garçons pratiquent davantage la masturbation que les femmes de leur âge. En outre, 15 % des jeunes françaises déclarent ne s'être jamais masturbées, contre 3 % des hommes, selon une étude Statista. Concernant la fréquence de masturbation, et selon une vaste étude menée auprès de 3000 hommes dans 14 pays dans le monde, la fréquence d’onanisme moyen d’un homme serait donc de 3 fois par semaine. En chiffre brut on est à 154 fois par an pour les hommes et à 49 fois pour la masturbation féminine. Soit moins d’une fois par semaine pour les femmes Un gouffre abyssal !

La masturbation ou onanisme, prévient l’éjaculation précoce

«Se pogner», «branler» ou encore «se séguer» comme disent les Marseillais. Tant de mots pour décrire une pratique sexuelle ne témoigneraient-ils pas d’une certaine richesse de celle-ci et de ses bienfaits? C’est ce que nous allons tenter voir.

Ah toujours cette image du célibataire endurcie (sans mauvais jeux de mots) qui passe son temps à se masturber… Pourtant, loin d’être une pratique exclusive aux singles, la masturbation permet justement de faire durer le plaisir sexuel entre partenaires. Toutefois, il vous faudra prendre du temps durant votre pratique, ne brusquez pas votre sexualité, vous avez tout le temps. Si tout se fait donc dans les règles de l’art, vous pourrez justement mieux vous connaître dans votre désir et ainsi vous contrôlez pour retarder le seuil de l’éjaculation. Votre partenaire n’en sera que plus ravie.

Mieux comprendre son corps

Loin d’être obligatoire dans l’accession au plaisir sexuel, il est vrai que… pourquoi se priver après tout ? En se caressant, on peut parfois en apprendre beaucoup sur son propre désir, sur ses fantasmes et même sur tout ce qui peut nous plaire pour nous-même et par nous-même. Juste prendre du bon temps quoi !

Woody Allen ne disait-il pas que se masturber était « la manière la plus sûre de faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime » ? De plus, apprendre à se connaître permettra également de pouvoir guider son ou sa partenaire dans nos moments intimes.

Masturbation masculine : Elle réduit le nombre de cancer de la prostate

La masturbation bonne pour la santé ? On n’aurait pas osé meilleur argument. Et pourtant, celle-ci permettrait bel et bien de réduire les risques liés au cancer « le plus fréquent tout sexe confondu » et qui constitue encore aujourd’hui « environ 25 % des cancers masculins » selon l’association française d’urologie. En effet, selon le docteur Wilfrid Pavageau, sexologue cité dans Allo docteurs : "Il semblerait qu'il y ait un lien entre le nombre d'éjaculations et la réduction du risque de cancer de la prostate chez les hommes. Les études sont à prendre avec précautions, il faut attendre d'autres études pour que ce lien soit confirmé. Mais il semblerait qu'il y ait effectivement un lien entre la bonne santé sexuelle et le risque de cancer » Le nombre de cancer de la prostate augmentant de 4,8 % par an, il va falloir une sacrée quantité de mouchoir…

  • Elle réduit le risque de «pannes» ainsi que d’incontinences.

On dit des femmes qu’elles perdent en fertilité à partir de leur vingt-cinquième année, mais les hommes ne sont pas épargnés pour autant des effets du temps sur leur sexualité ! Et comme tout effet de l’âge sur le corps rien de mieux que de faire un peu d’exercice ! Vous m’avez compris la masturbation en fait évidemment partie. Une pratique sexuelle régulière permet de maintenir en forme les muscles du plancher pelvien (ou périnée) et prévient ainsi les risques de dysfonctionnements de l’érection.

  • Moins de quantités, plus de qualité!

Le docteur et sexologue Mahesh Nawal, président de l’Association des Éducateurs Sexuels a également remarqué que le fait de se masturber fréquemment permettait de renouveler le sperme produit pour ne laisser que ceux ayant le plus de chances de féconder l’ovule. En revanche les hommes perdent en quantité de sperme produit. En d’autres termes, le stock est renouvelé pour ne laisser que les plus féconds.

  • La masturbation rend heureux!

En faisant pleurer le cyclope, vous libérez de même tout un étonnant cocktail d’hormones dans votre cerveau ! On peut citer par exemple notamment la dopamine et l’ocytocine. Ces hormones vous rendent joyeux, et améliorent votre sentiment de satisfaction. L’ocytocine elle, est une hormone qui nous détend et participe à la régulation du sentiment de stress ! Qui plus est, elle fonctionne de manière identique lors d’une pratique sexuelle à plusieurs ou avec vous-même. Et pour en rajouter une couche cette hormone, libérée pendant l’orgasme, aide à lutter contre la dépression, que demander de plus ? De plus en augmentant notre niveau de cortisol, elle régule et maintient notre système immunitaire.

Elle débouche le nez !

Oui on dirait une mauvaise blague certes. Pourtant, certaines études montrent un dégonflement des vaisseaux sanguins situés dans le nez après un orgasme. Ce qui permet alors de décongestionner les sinus et donc de mieux respirer ! Cette pratique pourrait donc permettre de combattre les symptômes du rhume, allergies et autres rhumes des foins. Une aubaine pour les hommes sensibles durant le printemps.

Et vive la prostate !

Mais nous aurions tort de réduire cette pratique sexuelle si noble malgré ce qu’on peut en dire à un simple astiquage de pénis. D’autres techniques existent ! En effet, comme le montre le livre de Pierre Des Esseintes, dans son livre de poche « Osez l’orgasme prostatique » : « Une fois dépassés les tabous entourant la façon d’attendre cet organe, l'orgasme lié à la prostate est considéré comme la jouissance masculine ultime ! » Il ajoute même plus loin : « la stimulation prostatique procure des sensations diffuses, qui ne se limitent pas à la zone génitale. C'est comme si l'orgasme irradiait tout le corps. »

Encore un autre bienfait qui amène donc à un nouveau type d’orgasme mais celui-ci sans pénis, ni érection ! Bien entendu il convient dès lors de cesser la confusion entre désir de développer une autre zone érogène de son corps et la peur, très ancré dans l’imaginaire hétérosexuel masculin, d’être attiré par le même sexe alors que l'on veut simplement développer d’autres techniques de plaisir et d’orgasmes liées à la prostate.

Avec tous ces tabous que nous essayons de passer ici pas à pas, tentons d’en rajouter un autre : l’usage de sex-toys… En effet si leur utilisation a été longtemps laissée aux femmes ou aux personnes s’identifiant tel quelle, aujourd’hui de nombreuses enseignes tentent d’ouvrir la pratique aux non-initiés, aux premiers rangs desquels les hommes font évidemment partie. De peur d’être jugé bien entendue. Nous pouvons par exemple citer le magasin « passage du désir » qui offre tout une gamme de sex-toys comme la fameuse gaine de masturbation sobrement appelée « L’homme d’aujourd’hui ». Et comme ils le disent eux-mêmes : « On le sait, l’homme d’aujourd’hui est un séducteur à succès, et s’il utilise cette gaine en élastomère texturé, c’est avant tout pour mieux connaître son corps, et découvrir de nouveaux plaisirs ». Tout un programme… Par ailleurs, histoire de continuer sur les techniques de plaisir anal, la boutique propose également des masseurs et des stimulateurs de prostate.

Attention ! La masturbation masculine peut devenir pathologique

Le seul cas où la masturbation masculine peut devenir pathologique, c'est lorsqu'elle devient compulsive. Elle répond alors à un mal-être ou à une certaine forme d’angoisse excessive et se caractérise par une perte de contrôle (la personne ne peut pas s'empêcher de se masturber). Elle a alors un retentissement sur la vie sociale, professionnelle et/ou personnelle et peut alors devenir source d'une grande souffrance car la sexualité prend alors le pas sur le reste de la vie. Une consultation spécialisée, dans un service d'addictions est alors nécessaire pour se soigner et sortir du cercle vicieux de l'addiction sexuelle.

Stop aux idées reçues !

Pour terminer, il convient de rectifier certains clichés et autres idées reçues sur cette pratique si commune mais qui peut ruiner la vie en couple si celle-ci s'avère être mal comprise. En effet, certaines personnes qu’elle soit femme ou homme peuvent très mal prendre le fait de voir son ou sa partenaire en plein plaisir solitaire. De peur de ne pas suffisamment combler l’autre certainement. Se masturber alors que l'on est en couple ne traduit pas un manque de libido ou d’amour. Ce sont des plaisirs sexuels différents et complémentaires. Parfois on a envie de partager son dessert et… parfois non. Ce n’est pas grave en soi. La masturbation solitaire est un plaisir que l'on s'offre parce que l'on en a envie "là tout de suite", que l'on est stressé ou au contraire parce que l'on se sent bien et d'humeur coquine.

De plus, lorsque l'on est en couple depuis longtemps la libido a des hauts et des bas de façon naturelle et la masturbation peut également permettre de se recentrer sur soi pour ensuite être à nouveau disponible pour le plaisir de son ou de sa partenaire. Certains hommes et certaines femmes, s’ils l'apprennent, le vivent comme une trahison, sont déçus et dépités. Mais chacun est autonome dans son désir et son plaisir, c'est un paramètre à accepter pour une vie de couple suffisamment épanouie ! Il va de soi que le fait de s’adonner à des caresses solitaires ne signifie pas un manque d’amour ou de désir pour l’autre. Et puis entre nous ça peut même être une nouvelle zone de fantasme à explorer de regarder l’autre s’adonner à lui-même… Les formes individuelles et collectives de sexualité ne seraient donc pas franchement opposées, enfin je dis ça, je dis rien.

Alors Messieurs ? À vos poignets ?

Sources :

Pratique de la masturbation chez les jeunes français par sexe 2021

Évolution de l'épidémiologie du cancer de la prostate depuis 20 ans