Après 34 ans passés comme responsable RH dans un supermarché, un Espagnol pensait sa place assurée. Une réorganisation interne en a décidé autrement : il s’est retrouvé derrière la caisse.
Estimant avoir été victime d’une rétrogradation injustifiée, il a porté l’affaire devant la justice et a réclamé à son employeur plus de 710 000 euros d’indemnisation, rapporte Noticias Trabajo, un média espagnol spécialisé dans le droit du travail.
Du service RH à la caisse du supermarché
C’est en 1989 que l’homme a fait ses premiers pas chez Mercadona, l’une des principales chaînes de grande distribution alimentaire en Espagne. Rapidement, l’employé a gravi les échelons.
Depuis 2003, il occupait le poste de coordinateur régional des ressources humaines. En 2021, après 32 ans de carrière, il s’est vu confier temporairement une fonction supplémentaire : coordinateur de division dans un autre secteur.
Crédit Photo : iStockSelon nos confrères, cette responsabilité, considérée comme un poste de confiance particulière, relevait d’une désignation discrétionnaire de l’employeur.
Jusqu’ici rien d’anormal, sauf qu’une restructuration du département des ressources humaines en 2023 est venue bouleverser son quotidien professionnel. Une réorganisation initiée par la nouvelle direction.
Le hic ? Le salarié était en profond désaccord avec son nouveau responsable sur la manière de diriger les équipes. Coïncidence ou non, l’employé a peu après fait l’objet d’une rétrogradation.
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La justice donne raison à… l’employeur !
Le 21 mars 2023, l'entreprise l'a informé de la fin de ses fonctions de coordinateur des ressources humaines et de sa réaffectation à un poste de coordinateur d’usine.
Au cours de sa formation, un témoin l'a vu travailler à la caisse pendant une journée, sans qu'il soit possible de déterminer la durée exacte de cette tâche ni les autres missions qu'il a effectuées.
Ce changement a également entraîné une diminution progressive de son salaire, conformément à la politique de l'entreprise en matière de perte d’un poste à responsabilité.
Quelques jours plus tard, l’employé s’est mis en arrêt maladie pour un trouble anxieux-dépressif mixte, avant d’intenter une action en justice pour faire reconnaître les torts de son employeur, invoquant notamment un harcèlement au travail.
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Au total, il réclamait 529 960,84 euros d'indemnités de rupture de contrat, 19 385,36 euros au titre d'heures supplémentaires, 135 976,66 euros de compléments de salaire et 25 000 euros de dommages et intérêts, soit 710 322,86 euros.
Problème : les juges ne lui ont pas donné raison. Ses demandes ont en effet été rejetées en première instance puis en appel. La raison ? La justice a estimé que Mercadona avait le pouvoir de lui retirer ce poste.
« Les décisions organisationnelles de l'entreprise, même si elles peuvent être gênantes ou économiquement préjudiciables, ne deviennent pas automatiquement du harcèlement simplement parce que le travailleur les considère comme injustes », a indiqué l'avocat du groupe.
