C’est une histoire insoutenable qu’a vécue Léa (prénom modifié), une adolescente de 13 ans victime d’un réseau de prostitution en France. Un calvaire au cours duquel elle aurait été violée à de nombreuses reprises. Dans une vidéo, le média Brut revient sur cette affaire glaçante.
À 13 ans, elle est contrainte de se prostituer
Les faits remontent à 2025 à Montpellier, alors que Léa était âgée de 12 ans et demi. Scolarisée dans un collège de la ville, la jeune fille, confiée à l’Aide sociale à l’enfance, subit du harcèlement scolaire.
Se sentant seule et démunie, elle commence à discuter avec des filles rencontrées sur Snapchat qu’elle ne connaît pas dans la vie réelle. Parmi elles se trouve notamment une adolescente de 15 ans qui aurait déjà des liens avec un réseau d’exploitation sexuelle de mineures.
Peu après, la collégienne disparaît du jour au lendemain. Sa mère, Samia (nom d’emprunt), reste sans nouvelles d’elle pendant 45 jours. Mais la localisation Snapchat permet de repérer Léa à Aix-en-Provence.
Les forces de l’ordre se rendent sur les lieux avec Samia. Sur place, des hôtels sont fouillés et un groupe présumé de proxénètes est découvert. Malheureusement, la jeune fille reste introuvable.
La maman de Léa apprend alors que ces réseaux parcourraient différentes villes avec leurs victimes mineures et loueraient des logements pour de courtes périodes afin de ne pas se faire remarquer, détaille Brut.
Sa mère la recherche sans relâche
Face à cette situation, Samia décide de partir elle-même à la recherche de sa fille, épaulée par une amie. Les deux apprennent que Léa aurait été vendue à une femme pour 6 000 euros.
Un peu plus tard, elles découvrent des photos de la collégienne sur Sexemodel, une plateforme en ligne d’annonces de prostitution. La description précise qu’elle se trouve à Auxerre.
Après avoir identifié l’adresse, des enquêteurs sont dépêchés à l’endroit indiqué et interviennent.
Selon Maître Michel Amas, avocat de Léa et de Samia, des préservatifs et des couteaux sont découverts dans le logement. Par ailleurs, l’appartement est occupé par quatre personnes : un proxénète, deux clients présumés et une femme.
Interrogée par la police, cette dernière a reconnu avoir publié l’annonce et organisé des rendez-vous. Elle est la seule à avoir été poursuivie pour l’instant.
« Ma fille était sous le choc. Il lui manquait une dent, elle portait des traces sur le corps », a raconté Samia, qui assure que Léa a subi des rapports sexuels répétés, permettant au réseau d’engranger jusqu’à 1 500 euros par jour.
Outre les violences sexuelles, elle a également été victime de coups et de privation de sommeil.
Près de 950 viols commis
Après être restée avec sa mère pendant un mois, Léa disparaît de nouveau fin juin 2025. Cette fois encore, Samia la repère sur Sexemodel, en région parisienne, puis part la récupérer en négociant avec les proxénètes.
Selon la jeune fille, des membres du réseau seraient venus la chercher devant son domicile en la menaçant. La scène se reproduit le 23 août. Léa est finalement retrouvée un mois et demi plus tard, atteinte d’infections sexuellement transmissibles et de dépression. D’après son avocat, près de 950 viols auraient été commis sur l’adolescente.
Le 10 septembre dernier, la jeune femme de 21 ans, qui aurait mis en place les rendez-vous, devait comparaître devant le tribunal correctionnel d’Auxerre pour « aide, assistance ou protection de la prostitution d’autrui ».
Mais le dossier a été confié à un juge d’instruction pour éclairer l’enquête, notamment dans l’éventuel cas d’un procès criminel. Pour rappel, la prostitution des enfants est un crime passible de 20 ans de prison.
