Top 12 des expressions lyonnaises les plus populaires

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Comme toutes les villes de France, Lyon possède aussi son propre dialecte. Découvrez notre top 12 des expressions lyonnaises les plus populaires.

« Le gone »

Un groupe de « gones » en train de regarder un ordinateur. Credit : JonathanLesage

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Vous vivez ou avez déjà vécu à Lyon ? Vous connaissez un peu la ville de Lyon ? Vous l’aurez sûrement remarqué que les Lyonnais adorent utiliser le mot « gone ». Cette expression lyonnaise se prononce avec le « O » bien fermé. Le « gone » est utilisé pour désigner un « gamin » ou un « enfant ». Il s’agit de l’équivalent du terme « titi » chez les Parisiens ou « Ch’ti » chez les Français du Nord.

L’origine de l’expression lyonnaise « gone » semblerait incertaine. À ce sujet, deux hypothèses sont avancées :

  • 1ère hypothèse

En lisant le dictionnaire étymologique du patois lyonnais, vous pouvez lire que l’expression lyonnaise « gone » proviendrait du mot grec « yòvos ». Ce dernier qui veut dire « enfant », « gamin » ou « fils ».

Dans son livre intitulé Littré de la Grand’Côte, l’écrivain français Nizier du Puitspelu avance que le mot « gone » proviendrait du grec « yòvosfils », qui veut dire « enfant ».

  • 2ème hypothèse

La deuxième origine supposée de l’expression lyonnaise « gone » serait le vieux dialecte provençal « gona » qui signifie « robe ».

« Aller à la vogue »

Un feu d’artifice lors d’une foire en France. Credit : MarcelloLand

Vous souhaitez comprendre l’expression lyonnaise « Aller à la vogue » ? Avant cela, connaître la signification du mot « Vogue » est de mise ». Pour la petite histoire, à Lyon se déroule chaque automne ce que les Lyonnais appellent « Vogue des marrons ». Il s’agit d’une fête foraine vieille de plus de 150 ans. Elle se déroule dans la commune de la Croix-Rousse, en plein centre-ville. Ainsi, si vous entendez quelqu’un dire « Aller à la Vogue », cela suppose tout simplement « aller à la fête foraine ». 

« C’est clair comme du Beaujolais »

Une ferme à proximité d’un champ de vigne dans le Beaujolais. Credit : zabo69005

Lyon est située près du Beaujolais. Il s’agit d’une région naturelle française connue pour ses magnifiques villages de pierres dorées. Toutefois, ce qui fait la renommée du Beaujolais, c’est son vin à la fois clair et léger. Les « Beaujolais-Villages » sont tellement transparents et limpides qu’ils ont donné naissance à l’expression « Clair comme du Beaujolais ». Cette dernière est l’équivalent local de la célèbre expression française « Clair comme de l’eau de roche ».

« Manger une bugne, de la cervelle de canut, des coussins »

Du fromage blanc aux fines herbes. Credit : hydrangea100

Comptant une vingtaine de restaurants Michelin étoilés et nombreux restaurants traditionnels typiques, Lyon est qualifiée comme étant la capitale de la gastronomie de Française. En tant que telle, cette région possède ses propres spécialités culinaires qui n’ont rien à envier aux autres. Ainsi, ne soyez pas étonnés si vous voyez sur la carte l’expression suivante « Cervelle de canut ». Détrompez-vous, le chef cuisinier ne va pas vous servir de la cervelle d’ouvriers travaillant dans les manufactures à soie de la ville de Lyon. Il vous servira un fromage blanc aux fines herbes.

D’autre part, l’expression lyonnaise « Manger une bugne » ne correspond pas du tout au fait de recevoir un coup de baffe. Vous allez plutôt déguster un succulent beignet sucré traditionnel lyonnais. Enfin, « Déguster les coussins de Lyon » ne consiste pas à manger des tas de plumes. Cela veut plutôt dire que vous allez savourer une ganache de chocolat enrobée d’une pâte d’amande parfumée au Curaçao. Cette gourmandise lyonnaise est totalement artisanale.

« Se prendre un gadin »

Un jeune homme en costume culbutant la tête en bas. Credit : LightFieldStudios

Cette expression lyonnaise est devenue populaire au milieu du XIXème siècle. Elle est sortie tout droit du milieu argot français. D’après le dictionnaire français des expressions et des locutions, le terme « gadin » est utilisé par certains auteurs pour désigner un « jeu de bouchon » qu’il aurait fallu faire tomber telle une sorte de tête. Le mot faisait ainsi allusion à une chute d’autrui. Pour d’autres auteurs, « gadin » désignait un vieux chapeau. Vers la fin du XIXème siècle, il désignait une « une paire de souliers ». Prise dans ce sens, l’expression « gadin » permet de désigner une culbute la tête en bas.

Pour les Lyonnais, un « gadin » est un « caillou ». Ainsi, « ramasser un gadin » signifie pour eux « tomber dans les cailloux ou dans les pierres ».

« Le pélo »

Un jeune homme en train de prendre une pilule. Credit : blackCAT

« Pélo » ou « pelo » est un mot d’argot utilisé généralement à Grenoble et à Lyon. Vous pouvez rencontrer ce mot dans la phrase suivante : « Y a pas un pélo » qui signifie « Il n’y a personne ». Ici, le terme « pélo » est utilisé pour désigner un « type » ou un « mec » quelconque. À noter que « pelo » peut prendre une connotation péjorative, voire même insultante ou neutre.

Les jeunes adultes et les adolescents se servent entre autres de l’expression « pélo » pour s’interpeller. Quelquefois, ce mot prend le sens de « mon pote », « mon petit copain » ou « mon mec ».

« La fenotte »

Une jeune femme blonde en train de mettre une paire de lunettes. Credit : KrisCole

En parler lyonnais, une « fenotte » est l’équivalent féminin de « gone ». Cette expression est utilisée dans le sens affectueux et aimable pour désigner « une femme », « une jeune femme » ou « une fiancée ». La racine la plus ancienne de ce terme semble être le latin « femina » qui signifie « femme ». Ensuite « femina » a donné en patois régional « fenna » ou encore « fena ».

Si un Lyonnais dit cette phrase : « Ma « fenotte » est « grignette », car elle pignoche ». Cela veut dire : « Ma femme est maigrichonne, car elle mange sans appétit ». Il convient de noter que chez les Lyonnais, le verbe « pignocher » revêt également autres sens :

  • « Chercher la petite bête» ;
  • « Couper les cheveux en quatre ».

« Prendre la ficelle »

La partie extérieure d’un ancien funiculaire ou « ficelle » dans les rues de Lyon. Credit : Gregory_DUBUS

La « Ficelle » est le surnom donné par les Lyonnais aux funiculaires de la ville de Lyon. Trois de ces funiculaires desservaient la colline de Fourvière. Deux d’entre elles desservaient la colline de la Croix-Rousse. À noter que les 5 funiculaires de Lyon ont pour caractéristique commune d’être un tunnel sur la plupart du parcours.

Actuellement, seuls les deux funiculaires partant de Saint-Jean s’ouvrent à l’exploitation de la ficelle. Le funiculaire de Croix-paquet quant à lui a été transformé en chemin de fer à crémaillère. Il a ensuite été prolongé pour devenir la 3ème ligne du métro de Lyon.

« Être dans les brouillards du Rhône »

Un joli paysage avec le Rhône. Credit : typhoonski

En France, notamment à Lyon, les conditions météorologiques ont toujours inspiré les bavards des quotidiens. En effet, le genre de conversations suivantes peuplait les conversations :

  • « Pleuvoir comme vache qui pisse » ;
  • « Froid de canard » ;
  • « Temps de singe en laiton » ;
  • Etc.

En «parler lyonnais», l’expression « être dans les brouillards du Rhône » veut dire « manquer d’un toit » « à dormir à la belle étoile » ou « à vivre dans la rue ».

L’expression lyonnaise « être dans les brouillards du Rhône » revêt également un autre sens. Elle est en effet utilisée pour désigner quelqu’un qui n’est pas encore né. Par exemple, un vieillard peut dire à un « gone » : – « Hé ! Gamin, ça fait déjà un bout de temps qu’on se bagarre pour la protection des eaux. T’étais sûrement encore dans les brouillards du Rhône quand on a obtenu qu’un article soit ajouté à la Constitution fédérale sur l’économie hydraulique. Ça devait être en 1975. »

« Les traboules »

Une vieille cour médiévale Traboules à Lyon.  Credit : TPopova

Le terme « traboule » provient du mot latin « transambulare » qui veut dire « circuler à travers ». Depuis le IVème siècle, la ville de Lyon abrite plusieurs « traboules » qui étaient particulièrement utilisées au Moyen-Âge. Ils permettaient aux habitants qui vivaient en bas de la colline de Fourvière de s’approvisionner aux puits de la ville médiévale. Au fil des années, les traboules se sont étendus au reste de Lyon. Ils ont évolué au même rythme que les aménagements de la ville.

À partir du XIXème siècle, les traboules deviennent des lieux indispensables au quotidien de tous les Lyonnais. Ces lieux sont importants pour le développement du commerce local, notamment le textile.

À ce jour, il n’existe plus que près de 600 traboules dans la ville lyonnaise, dont une grande partie se trouve dans le Vieux Lyon.

« Débarouler »

Un homme qui débaroule sur une piste de ski. Credit : anatoliy_gleb

Le verbe « débarouler », « débaruler » ou encore « débaroler » signifie « tomber en roulant » ou « dévaler à toute vitesse ». Ainsi, à Lyon, si une personne « débaroule » les escaliers, cela suppose qu’elle les descend précipitamment. Cela veut également dire qu’elle est tombée dedans. Notez qu’il est également possible de dire qu’un « gone » ou « fenotte » à « débarouler » une piste de ski.

À savoir que le terme « débarouler » a fait son entrée dans l’édition 2018 du dictionnaire Larousse avec 150 nouveaux mots comme « hipster » ou « infobésité ».  

« Se faire péter la miaille »

Une jeune maman en train d’embrasser le front de son bébé. Credit : kuppa_rock

À Lyon, se « se faire péter la miaille » signifie s’embrasser bruyamment. C’est le son pet qui souligne l’aspect sonore remarquable du bisou. La « miaille », quant à lui est utilisée pour désigner la joue dans le « parler des gones ».

« mff », « slurp », « biz », « tchouik », « smouck », « smack », « poutou-poutou », tels sont les différents degrés de « pétage de miaille » au fil des années. Certains savants spécialistes du bisou avancent même que le niveau le plus élevé du « pétage de miaille » serait le « patin roulé » ou le « french kiss ».

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